Turquie : Istanbul bouclée pour le 1er-Mai, des arrestations pour avoir bravé l'interdiction de manifester place Taksim

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RÉPRESSION - Plus de 80 personnes ont été arrêtées, mercredi 1er mai à Istanbul, alors qu'elles cherchaient à accéder sans autorisation à la place Taksim, en marge des manifestations du 1er-Mai. L'accès à ce haut lieu de la contestation du régime du président Recep Tayyip Erdogan est interdit depuis les événements de 2013.

Elles cherchaient à manifester sans autorisation. Plus de 80 personnes qui tentaient pour la plupart de rejoindre l'emblématique place Taksim, où les rassemblements ne sont plus autorisés depuis les grandes manifestations de 2013 contre le régime du président Recep Tayyip Erdogan, ont été interpellées, a indiqué la police d'Istanbul. Des manifestants être arrêtés sans ménagement, plaqués contre des véhicules de police avant d'être emmenés dans des bus dans le district de Besiktas.

À l'instar de plusieurs quartiers de la ville turque, la place Taksim a été entièrement bouclée par des cordons de police et plusieurs routes y menant, comme la célèbre avenue Istiklal, la principale rue commerçante et piétonnière d'Istanbul, ont été bloquées par des barrières métalliques et des véhicules de police pour contenir les manifestants. Officiellement, ce lieu symbolique n'est "pas adaptée aux célébrations du 1er-Mai", avait invoqué le gouverneur d'Istanbul en 2015.

En parallèle, d'autres rassemblements autorisés par les autorités locales ont également eu lieu dans la capitale Ankara, où plusieurs milliers de personnes ont défilé, dans la troisième ville du pays, Izmir, et à Bakirköy, un district périphérique d'Istanbul. Plusieurs milliers de personnes y étaient rassemblées en début d'après-midi et d'importants cortèges de syndicats, d'associations et de partis politiques d'opposition continuaient d'y converger, selon les correspondants de l'AFP sur place.

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Un contexte politique et économique difficile

Cette manifestation survient dans un contexte politique tendu, un mois après des élections municipales et alors que le président élu Recep Tayyip Erdogan conteste toujours le scrutin à Istanbul remporté par l'opposition. Le chef d'État turc demande son annulation pure et simple. "Je crois que nous sommes à un tournant, que le changement a commencé. Ce 1er mai va être encore plus beau", a ainsi déclaré à l'AFP Mustafa Comert, un partisan de l'opposition venu manifester à Bakirköy.

Ce 1er-Mai intervient également au moment où la Turquie traverse une période économique difficile, avec la première récession en 10 ans, une inflation à 20% et un taux de chômage en hausse. "On est inquiets, les gens n'arrivent plus à vivre avec le salaire minimum, c'est une période très difficile", indique Selma Ergün, elle aussi venue défiler à Bakirköy.

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