Turquie : la police tire des balles en caoutchouc sur les manifestants durant "la Marche des fiertés"

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FIERTES LGBTQI - Malgré l'interdiction émise par le gouvernorat, les organisateurs de la Marche des Fiertés LGBTQI ont décidé de maintenir le défilé, sur la place Taksim. Ils ont dû faire face à une police venue en nombre, et usant de balles en caoutchouc pour disperser le rassemblement.

L'athmosphère était tendue, ce dimanche après-midi, du côté de la place Taksim, où des manifestants LGBT avaient décidé de braver l'interdiction de se rassembler pour la traditionnelle "Istanbul Pride". La police turque, réquisitionnée en nombre pour cette Gay Pride stambouliote, a fait usage de balles en caoutchouc pour empêcher des manifestants de tenir la parade annuelle de la Marche des Fiertés.  


Elle a dirigé ses tirs vers un groupe d'une quarantaine de 40 manifestants, a rapporté un journaliste de l'AFP.  Dès le début du rassemblement, aux alentours de 17h, heure locale, les militants LGBTQI se sont rapidement retrouvés encerclés et encadrés par des effectifs policiers impressionnants, comme on peut le voir sur ces tweets d'une journaliste de la BBC. 

Sur d'autres posts partagés sur les réseaux sociaux, on voit également la police bloquer l'accès de l'avenue Istikal pour stopper le défilé. 

Et ordonner à un militant d'enlever son tee-shirt sur lequel est inscrit le mot "Fierté".

Un militant d'Amnesty International rapporte que la police a chargé les manifestants et tiré des gaz lacrymogènes en leur direction.

De petits groupes se sont rassemblés sur la place Taksim pour une Marche des fiertés LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexe) malgré l'interdiction émise par les autorités, alors que les policiers semblaient plus nombreux que les participants. Selon l'AFP, au moins quatre personnes ont été interpellées mais, d'après les journaux locaux, le chiffre se monte à une dizaine. 

"Nous n'avons pas peur, nous sommes là, nous ne changerons pas"

Cette semaine, les organisateurs avaient réitéré leur détermination à maintenir la manifestation, interdite pour la troisième année consécutive et qui coïncidait cette fois avec le premier jour de la fête célébrant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan. Après des menaces de groupes conservateurs et d'extrême droite, les autorités avaient annoncé hier, samedi interdire cette manifestation pour préserver "l'ordre public" et la "sécurité des touristes".


Les organisateurs avaient alors annoncé qu'ils maintiendraient l'événement et encore affiché dimanche leur détermination, assurant dans un communiqué : "Nous n'avons pas peur, nous sommes là, nous ne changerons pas. Vous avez peur, vous changerez et vous vous y habituerez". Cette semaine, onze militants ont été jugés à Istanbul pour avoir bravé l'interdiction de la Gay Pride de 2016, mais ils ont été acquittés. Les années précédentes, ces manifestations s'étaient pourtant déroulées sans incidents.

Cette "Marche des Fiertés" est interdite depuis 2015 en Turquie. Selon l'association des LGBTI, les autorités avaient mis en cause la coïncidence de l'événement avec le ramadan. Pourtant l'année suivante, l'interdiction avait été émise pour des raisons de sécurité alors que le pays était frappé par des attentats meurtriers liés aux jihadistes du groupe Etat islamique ou aux séparatistes kurdes. Dans un cas comme dans l'autre, les manifestants avaient bravé ces interdictions et avaient été dispersés violemment par les forces de l'ordre. L'homosexualité n'est pas pénalement réprimée en Turquie, mais l'homophobie y reste largement répandue. 

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