Turquie : la fronde anti-Erdogan tourne aux affrontements

Turquie : la fronde anti-Erdogan tourne aux affrontements

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ISTANBUL - De nouveaux affrontements ont opposé mercredi police et manifestants en Turquie lors des funérailles d'un garçon de 15 ans, mort des suites de blessures causées par la police.

La mort de Berkin Elvan a mis le feu aux poudres en Turquie. Les funérailles de ce jeune garçon, mort des suites de ses blessures causées par la police, ont été émaillées d'incidents dans plusieurs villes du pays. En particulier la place Taksim à Istanbul, cœur emblématique de la fronde qui a fait tanguer le gouvernement islamo-conservateur en juin dernier.

Au lendemain d'une première soirée de violences dans plusieurs villes du pays, la police est intervenue à Ankara, à Izmir (ouest) puis à Istanbul avec force gaz lacrymogènes et canons à eau pour disperser des milliers de personnes qui scandaient des slogans hostiles au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Dans la plus grande ville turque, après le premier assaut de la police, les protestataires ont érigé des barricades et mis le feu à des pneus.

Scandale de corruption sans précédent 

Selon sa famille, Berkin Elvan a été grièvement blessé à la tête dans son quartier le 16 juin par un tir de grenade lacrymogène alors qu'il sortait chercher du pain pendant une intervention de la police. Depuis, il est devenu l'un des symboles de la répression alors ordonnée par le Premier ministre, qui a fait, avec sa disparition, huit morts et plus de 8.000 blessés.

Cette nouvelle poussée de fièvre intervient alors que, depuis la mi-décembre, l'AKP est englué dans un scandale de corruption sans précédent qui a fragilisé sa position à la veille des élections municipales du 30 mars et dans la perspective de la présidentielle dont le premier tour est prévu le 10 août. Le chef du gouvernement lui-même et son fils, trahis par des écoutes téléphoniques dont le contenu a été publié sur internet, ainsi que plusieurs ministres sont personnellement mis en cause.

En pleine campagne électorale, le Premier ministre a balayé ces accusations d'un revers de la main et accuse ses ex-alliés de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, très influents dans la police et la justice, de les avoir fabriquées pour le déstabiliser. Sûr du soutien des électeurs, Recep Tayyip Erdogan a donné rendez-vous à ses contradicteurs le 30 mars pour un scrutin municipal aux allures de référendum. "Un gouvernement ne peut être changé que par les urnes", a-t-il répété mercredi devant des milliers de partisans à Mardin (sud-est). Sans évoquer la mort du jeune Berkin.

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