Ukraine : accord sur le retrait des armes lourdes du front

Ukraine : accord sur le retrait des armes lourdes du front

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MENACES - Alors que le plus important échange de prisonniers depuis le début du conflit a eu lieu près de Lougansk entre rebelles pro-russes et soldats ukrainiens, des accords ont été signés dimanche pour le retrait des armes lourdes. Dans le même temps, Washington souhaite durcir encore le ton vis-à-vis de Moscou.

Deux symboles forts de l'application progressive du fragile plan de paix. L'Ukraine et les rebelles prorusses de l'Est séparatiste ont signé ce dimanche des accords pour commencer le retrait d'armes lourdes de la ligne de front, selon un haut militaire ukrainien. Le général Olexandre Rozmaznine a estimé cependant qu'il était encore trop tôt pour parler de retrait des troupes.

Samedi avait eu lieu le plus important échange de prisonniers depuis le début de l'année : quelque 139 soldats ukrainiens et 52 combattants rebelles retenus prisonniers ont en effet été échangés à Jolobok, un village situé sur la ligne de front dans la région de Lougansk. Les accords de Minsk 2 prévoient qu'Ukrainiens et rebelles libèrent "tous les prisonniers et les otages" retenus depuis le début du conflit en avril dernier.

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Les séparatistes ont précisé que plusieurs prisonniers échangés ce week-end avaient été capturés à Debaltseve. Malgré la signature des accords de Minsk 2 prévoyant l'instauration d'un cessez-le-feu à partir du 15 février dernier, les rebelles avaient continué leur offensive autour de ce verrou stratégique, dont la prise leur permet de relier les deux "capitales" séparatistes de Donetsk et Lougansk. Environ 2500 soldats ukrainiens avaient réussi mercredi à s'en extirper. Vingt sont morts au cours de cette retraite, et la bataille a causé en un mois la mort de 179 soldats ukrainiens, a annoncé vendredi un proche conseiller du président ukrainien Petro Porochenko.

John Kerry hausse le ton

La poursuite des combats a provoqué la colère de Washington, qui a accusé les rebelles d'avoir "bafoué (...) plus de 250 fois" la trêve. Samedi, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, de passage à Londres, a déclaré que les Etats-Unis envisageaient "des sanctions très graves, qui auraient un impact très négatif sur l'économie russe", vis-à-vis de Moscou. Washington estime que la Russie est responsable de la rupture du cessez-le-feu en Ukraine.

"Dans les prochains jours, le président Obama va évaluer les choix à sa disposition et prendre sa décision", a ajouté John Kerry. Plus tôt, il avait dénoncé le comportement "extrêmement lâche" de la Russie en Ukraine. Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les séparatistes en leur fournissant armes et troupes, ce que Moscou nie farouchement.

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