Ukraine : bras de fer à Slaviansk autour des huit "otages" de l'OSCE

Ukraine : bras de fer à Slaviansk autour des huit "otages" de l'OSCE

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CRISE - Otages ? Prisonniers de guerre ? Un bras de fer s'est engagé autour de l'avenir des huit observateurs de l'OSCE retenus à Slaviansk, petite ville de l'Est de l'Ukraine, par des séparatistes pro-russes. Les rebelles les ont présentés à la presse ce dimanche.

Pour les pro-russes, ce sont des "prisonniers de guerre". Pour l'Occident, ce sont des "otages". Les huit observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OCDE), retenus depuis vendredi à Slaviansk, ce bastion séparatiste situé à l'Est de l'Ukraine , ont été présentés, ou plutôt exhibés comme des trophées par les rebelles ce dimanche. Habillés en civil, ils semblaient en bonne santé lorsqu'ils ont été présentés à la presse. Une information confirmée par le chef allemand du groupe d'observateurs, le colonel Axel Schneider, qui a assuré que personne "ne les avait touchés" et qu'ils n'avaient été soumis à aucun mauvais traitement physique. Mais pour l'heure, ces informations restent invérifiables. De leur côté, les autorités ukrainiennes avaient indiqué samedi qu'ils étaient détenus dans des conditions "inhumaines".

Depuis leur capture et malgré de nombreux appels à leur libération, le doute plane toujours sur leur sort de ces hommes (quatre Allemands, un Tchèque, un Danois, un Polonais et un Suédois) qui, d'après l'OSCE, étaient partis en "visite d'observation militaire" à Slaviansk. Une équipe de négociateurs est arrivée dimanche dans cette ville de 100.000 habitants, qui échappe depuis deux semaines au contrôle de Kiev, pour tenter d'obtenir leur libération. Dimanche soir, la situation restait confuse. L'un des observateurs, le Suédois, qui souffre de diabète léger, a été "libéré" selon les séparatistes.

Des "voyous" pour Obama

Mais les rebelles, pour qui les captifs sont des "espions de l'Otan", semblent déterminer à faire monter les enchères : ils espèrent pouvoir les échanger contre des "activistes" pro-russes capturés par les forces gouvernementales ukrainiennes."Notre présence à Slaviansk est sans aucun doute un instrument politique pour ceux qui prennent les décisions dans la région. Ils vont s'en servir dans les négociations", a souligné le colonel Axel Schneider.

Pas de doute, cet épisode risque de braquer encore l'Occident, au moment où Barack Obama exige la fin des "provocations" russes (voir ci-contre). Le président américain a qualifié dimanche de "voyous" les geôliers de Slaviansk.

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