Ukraine : ce que prévoit l'accord trouvé à l'arraché

Ukraine : ce que prévoit l'accord trouvé à l'arraché

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DIPLOMATIE - Kiev et les rebelles séparatistes ont signé une feuille de route visant à ramener la paix en Ukraine, qui prévoit notamment l'instauration d'un cessez-le-feu dimanche et la création d'une zone tampon élargie, ont annoncé jeudi les dirigeants russe, ukrainien, français et allemand, à la fin de négociations marathon à Minsk.

"Un accord sur l'essentiel". C'est par ces mots que Vladimir Poutine a annoncé, jeudi matin, la conclusion d'un accord de paix à Minsk. Ou plutôt : une feuille de route, qui représente un "espoir sérieux même si tout n'est pas encore accompli" dixit François Hollande, à l’origine avec Angela Merkel de ces pourparlers marathon.

Le Groupe de contact, constitué d'émissaires ukrainiens, russes et de représentants de l'OSCE, a en effet négocié durant 16 heures à Minsk avec les rebelles séparatistes. Et ce, en parallèle des discussions de François Hollande, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Petro Porochenko. "Toutes les questions ont été traitées par ce texte qui a été signé par le groupe de contact et les séparatistes", a déclaré le président français François Hollande avant de reprendre l’avion.

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"Tous bâillent, mais continuent de discuter"

Plus concrètement, que comporte ce texte destiné à mettre fin à dix mois de conflit ? Le premier point porte sur un cessez-le-feu en vigueur dès le 15 février à minuit, a révélé Vladimir Poutine dans une conférence de presse, avant d'enfiler son manteau et quitter les lieux, signifiant la fin des négociations. Le deuxième point du document signé impose le retrait des belligérants et de leurs armes lourdes permettant la création d'une zone tampon d'une largeur de 50 à 70 km, contre les 30 km prévu par les précédents accords de paix conclus à Minsk le 19 septembre.

Les belligérants devront quitter cette zone tampon démilitarisée et y retirer leurs armes lourdes d'ici 14 jours, a expliqué Petro Porochenko. Les Ukrainiens doivent se retirer à partir de la ligne de front actuelle alors que les rebelles doivent se retirer derrière la ligne de septembre. Cette dernière a évolué en fonction des victoires militaires des rebelles ces derniers mois, ce qui explique la largeur plus grande de la zone tampon.

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Après plus de quatorze heures de pourparlers, aucun signe tangible d'une fin des négociations ne semblaient pourtant poindre. Il faut dire que les pourparlers ont été compliqués. La géographie d'abord : des négociations se sont déroulées dans deux endroits de la capitale bélarusse. D'un côté, les dirigeants européens et les présidents russe et ukrainien. De l'autre, le groupe de contact sur l'Ukraine, autrement dit l'instance où les séparatistes prorusses et les émissaires du gouvernement ukrainiens négocient chaperonnés par un ambassadeur russe et la représentante de l'OSCE. "Tous bâillent, mais continuent de discuter", avait déclaré à l'AFP une source qui assistait aux pourparlers, alors que le temps pressait et que les violences en Ukraine n’avaient pas faibli, neuf personnes au moins ayant péri ces dernières heures dans des combats et bombardements.

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