Ukraine : des négociations fructueuses à Paris ?

Ukraine : des négociations fructueuses à Paris ?

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DIPLOMATIE – Les discussions se sont poursuivies tard mercredi entre les ministres des Affaires étrangères américains, russes et ukrainiens présents à Paris. Au terme de ces premières rencontres depuis le déploiement de forces russes en Crimée, Sergueï Lavrov a indiqué que les discussions ne faisaient que commencer.

L'ouverture au bout des négociations. Hasard du calendrier, c'est à Paris que se tenait mercredi une réunion internationale sur le Liban, sur fond de conflit syrien, à laquelle participaient entre autres les Etats-Unis et la Russie. L'occasion pour les ministres des Affaires étrangères des deux puissances de discuter pour la première fois de vives voix sur le brûlant dossier ukrainien .

En présence de François Hollande, John Kerry et Sergueï Lavrov ont longuement échangé ouvrant la voie, en fin de journée, à des négociations de sortie de crise. "Nous sommes tombés d'accord pour poursuivre les discussions dans les jours à venir afin de voir comment aider à stabiliser, normaliser la situation et surmonter la crise", a ainsi commenté le ministre russe à sa sortie du Quai d'Orsay. Selon la télévision publique russe Rossia 24, le ministre russe aurait même évoqué un peu plus tôt "les accords du 21 février" comme base de travail avec les américains.

Pas encore la "désescalade"

Signé par l'opposition et le président en fuite Viktor Ianoukovitch, ce texte prévoit notamment le passage d'un système présidentiel à un système parlementaire et la tenue d'élection présidentielle au plus tard en décembre. L'accord n'avait toutefois pas fait taire Maïdan, qui avait continué de réclamer le départ de Ianoukovitch.

Malgré ce premier pas de Moscou, et en dépit des pressions britannique et américaine, Sergueï Lavrov n'est pas allé mercredi jusqu'à rencontrer son homologue ukrainien Andrii Dechtchitsa également reçu au Quai d'Orsay. Le chef de la diplomatie russe est resté fidèle en cela à la ligne de Vladimir Poutine, qui dénonce le "coup d'Etat" de l'opposition et son pouvoir illégitime.

Ce signe d'ouverture intervient à quelques heures du sommet extraordinaire des dirigeants européens à Bruxelles jeudi, où des sanctions contre la Russie pourraient être prises. Sur le terrain cependant, "la désescalade" réclamée par la communauté internationale, ne semblait pas à l'ordre du jour mercredi. Les forces russes déployées en Crimée ont en effet pris le contrôle partiel de deux bases de lancement de missiles, tandis que l'envoyé spécial de l'ONU dans la péninsule ukrainienne, Robert Serry, a décidé de mettre fin à sa mission après avoir été retenu brièvement par des hommes armés à Simféropol.

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