Ukraine : Ioulia Timochenko, retour à la lumière ?

Ukraine : Ioulia Timochenko, retour à la lumière ?

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PORTRAIT - L'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko a annoncé jeudi qu'elle serait candidate à l'élection présidentielle, prévue en Ukraine le 25 mai prochain. L'égérie de la Révolution orange, emprisonnée depuis 2011, avait été libérée le 22 février dernier à la faveur des dispositions de sortie de crise entre le pouvoir et l'opposition.

Elle représente pour beaucoup cette femme coiffée d'une tresse blonde traditionnelle. Mais elle est surtout la figure la plus importante de l'opposition ukrainienne. Ioulia Timochenko, libérée le 22 février dernier après trois ans derrière les barreaux, a officialisé ce jeudi sa candidature pour l'élection présidentielle du 25 mai prochain en Ukraine. Metronews retrace son parcours.

Ancienne Première ministre, Ioulia Timochenko est considérée comme l'opposante la plus radicale au régime de Viktor Ianoukovitch. Elle l'a notamment accusé de transformer l'Ukraine en Corée du Nord et jugé inutile toute négociation avec lui. Son portrait a d'ailleurs orné le Maïdan, haut lieu de la contestation durant trois mois au coeur de Kiev. Agée de 53 ans, cette femme élégante ingénieur-économiste à l'époque de l'URSS, s'est faite connaître du monde entier en 2004 en devenant l'égérie de la Révolution orange pro-occidentale qui secouait le pays. Elle haranguait les foules à Kiev contre Inaoukovitch, le Premier ministre de l'époque, également candidat à la présidentielle soutenu par Moscou. Ce dernier échouera contre Viktor Iouchtchenko mais gardera une rancune tenace à son encontre.

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Une politique aux nerfs solides

Les années de pouvoir ont ensuite divisé le "camp orange" - Timochenko quitte le gouvernement, puis en reprend la tête en 2007 - jusqu'à la présidentielle de 2010, qui marque le retour victorieux de Viktor Ianoukovitch aux commandes du pays. Et peut enfin satisfaire ses envies de vengeance contre sa rivale.

En 2011, Ioulia Timochenko est condamnée à sept ans de prison pour avoir signé en sa qualité de chef du gouvernement un accord gazier avec la Russie à des conditions dépeintes comme préjudiciables à son pays. Elle est également soupçonnée de complicité dans le meurtre commandité d'un député. Accusations qu'elle rejette en bloc, mais qui la conduisent tout droit en prison. Son incarcération et sa condamnation deviennent très rapidement un écueil majeur dans les relations entre l'Ukraine et les Occidentaux, qui demandent sa libération.

Grève de la faim

Même derrière les barreaux, cette politique aux nerfs solides a continué de combattre le pouvoir de Ianoukovitch. Elle a observé une grève de la faim de trois semaines pour protester contre des violences dont elle affirme avoir été victime. Transférée en mai 2012 à l'hôpital de Kharkiv (est) pour y être soignée de hernies discales, elle accuse le président de l'y soumettre à une vidéosurveillance jusque dans les toilettes.

Des tribunes de la Révolution orange aux rencontres avec l'homme fort de la Russie, Vladimir Poutine, cette femme menue avait acquis bien avant son incarcération sa réputation de "dame de fer". Dans le bureau qu'elle occupait à Kiev avant la prison, une statuette de Jeanne d'Arc, les mémoires de l'ex-Première ministre britannique Margaret Thatcher et un livre sur l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright montraient mieux qu'un long discours ses références politiques et la hauteur de ses ambitions.

Durant son emprisonnement, son mari Olexandre avait obtenu l'asile politique en République tchèque. Leur unique fille, Evguenia, luttait quant à elle sans relâche pour sa libération en multipliant les rencontres en Occident. Ses efforts ont été récompensés.

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