Ukraine : l'accord avec la Russie a déjà du plomb dans l'aile

Ukraine : l'accord avec la Russie a déjà du plomb dans l'aile

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CRISE – Le gouvernement russe a accusé ce lundi les autorités ukrainiennes de violer le compromis signé la semaine dernière. Des déclarations qui mettent le feu aux poudres alors que la situation reste tendue dans l'est de l'Ukraine.

A peine signé, déjà plombé. L'accord surprise conclu jeudi dernier à Genève entre Kiev, Moscou et les Occidentaux, après l'insurrection des pro-russes dans l'est de l'Ukraine , risque de faire long feu. Le gouvernement russe, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a en effet accusé ce lundi les autorités ukrainiennes "d'enfreindre grossièrement" les règles du compromis.

Le ministre russe dénonce notamment l'occupation du Maïdan , la place du centre de Kiev où des manifestants pro-européens campent toujours, alors que l'accord impose aux pro-russes l'évacuation des bâtiments qu'ils occupent dans les villes ukrainiennes. "C'est tout à fait inacceptable", a lancé Sergueï Lavrov à propos de la situation qui perdure au cœur de la capitale, symbole du mouvement de contestation qui a renversé en février le régime du président Ianoukovitch.

"La Russie n'est pas une écolière honteuse"

Vendredi, au lendemain de la signature, la tension était déjà montée d'un cran. La Russie, accusée par les Occidentaux d'encourager l'insurrection séparatiste dans l'est de l'Ukraine, avait jugé "inacceptable" les menaces de nouvelles sanctions formulées par les Etats-Unis en cas de non-respect de l'accord. "On ne peut se conduire à l'égard de la Russie comme si elle était une écolière honteuse devant laquelle on brandit un papier où il faut mettre des petites croix là où elle a bien fait ses devoirs", avait alors déclaré le Kremlin.

Mais le plus grand danger qui pèse sur cet accord se trouve sur le terrain, dans les rangs des insurgés pro-russes. Ces groupes séparatistes, qui occupent des bâtiments publics dans plus d'une demi-douzaine de villes de l'est du pays, n'entendent pas baisser les armes : "Lavrov n'a pas signé en notre nom mais au nom de la Russie", a expliqué l'un de leurs représentants, Denis Pouchiline.

C'est dans ce contexte très tendu que le vice-président américain, Joe Biden, est arrivé ce lundi soir à Kiev, afin de plaider pour "une mise en œuvre urgente" du compromis. Ou au moins tenter de le sauver.

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