Ukraine : l'armée assiège la ville de Slaviansk

Ukraine : l'armée assiège la ville de Slaviansk

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AFFRONTEMENTS – Les combats redoublent de violence depuis ce week-end en Ukraine. Dans l'est du pays, Slaviansk, bastion des rebelles pro-russes, constitue le coeur de la bataille.

Un temps braqués vers le sud, avec le terrible massacre vendredi dernier à Odessa , les regards de la communauté internationale ont à nouveau bifurqué vers l'est de l'Ukraine ce lundi. Bastion des séparatistes pro-russes depuis que le conflit a éclaté, il y a trois mois, la ville de Slaviansk centralise l'attention de tous.

L'armée ukrainienne a ainsi décidé de s'attaquer à ce symbole, et de frapper fort . Ce lundi, d'intenses tirs ont été échangés pendant plusieurs heures dans et autour de la ville, selon des témoignages recueillis sur place. Les combats ont fait quatre morts et une trentaine de blessés parmi les membres des forces de l'ordre ukrainiennes, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Deux habitants ont également été tués, par des militaires ukrainiens. Très bien armés et entraînés, les insurgés ont reçu des renforts de Crimée et de Tchétchénie, selon leur porte-parole. Dans l'après-midi, ils ont abattu un hélicoptère militaire ukrainien.

Situation critique à l'intérieur

En attendant de pouvoir reprendre le contrôle de la ville, l'armée ukrainienne avait coupé dimanche la principale route qui permet d'y entrer. Cette cité de 110.000 habitants, hérissée de barricades, est donc désormais assiégée. "La seule tactique est d'avancer petit a petit vers le centre (…) afin d'éliminer les terroristes", a indiqué le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, qui se trouvait lundi à un checkpoint à proximité de la zone de combats.

Dans ces conditions, la situation devient critique dans l'enceinte de la ville. Le courrier n'arrive plus, la circulation est quasiment impossible et très périlleuse. Surtout, la nourriture se fait de plus en plus rare. Trouver des fruits et légumes relève désormais de l'exploit. "On va tous mourir ici, tels de vulgaires cafards !", s'étrangle une habitante rencontrée par un journaliste de l'AFP. Il est également presque impossible de trouver un café ou un restaurant ouvert après vingt heures, alors que le couvre-feu n'entre en vigueur qu'à minuit. La cité se transforme en ville fantôme, seulement traversée par quelques blindés surmontés de drapeaux russes.

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