Ukraine : le bras de fer de Vladimir Poutine

Ukraine : le bras de fer de Vladimir Poutine

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CRISE – Le président russe avait réussi à dissuader l'Ukraine de signer un accord d'association avec l'UE. Mais la chute du gouvernement à Kiev après deux mois de contestation pro-européenne et la pression diplomatique des Occidentaux remettent en cause ce qui paraissait une victoire stratégique pour Moscou.

"Toute ingérence est inadmissible". Confronté à la chute du gouvernement à Kiev après deux mois de contestation pro-européenne, la Russie joue son va-tout pour conserver dans son orbite l'ex-République soviétique. Cette dernière vacille en effet depuis samedi, et l'opposition grignote du terrain : le Parlement, après avoir obtenu l'abrogation des lois anti-manifestants, pourrait amnistier les dizaines d'opposants interpellés depuis le début du conflit il y a deux mois.

Vladimir Poutine le sait, le régime du président Viktor Ianoukovitch est pieds et poings liés par ses liens économiques avec Moscou. Or, le géant russe a annoncé mercredi qu'il souhaitait attendre la formation du nouveau gouvernement ukrainien pour s'assurer qu'il y a lieu de mettre en œuvre les accords conclus en décembre sur une aide de 15 milliards de dollars. Lors de la même réunion, le Premier ministre, Dmitri Medvedev, a aussi mis en exergue la dette de l'Ukraine pour le gaz russe, qui s'élève selon lui à 2,7 milliards de dollars. Des menaces à peine voilées qui, une nouvelle fois, laissent percevoir la volonté de Vladimir Poutine : créer une union économique des pays de l'ex-URSS qui soit à même de rivaliser avec l'Union européenne, mais aussi les Etats-Unis et la Chine.

"Un dialogue constructif"

Les analystes soulignent que ce rêve restera illusoire s'il n'inclut pas l'Ukraine, un pays de 46 millions d'habitants, doté d'un fort potentiel tant agricole qu'industriel. Problème, un accord de libre-échange entre l'Ukraine et l'UE empêcherait ce projet. Ce dernier, en négociation depuis des années, a été abandonné en novembre dernier, provoquant une crise sans précédent que les Européens tâchent de résoudre. En particulier Catherine Ashton. La patronne de la diplomatie européenne est en effet arrivée mardi soir à Kiev. Elle s'est entretenue avec Viktor Ianoukovitch et les dirigeants de l'opposition, militant pour "un vrai dialogue". Même refrain du côté d'Angela Merkel : au cours d'un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, la chancelière allemande a plaidé pour "un dialogue constructif."

Parallèlement, les discussions se poursuivaient mercredi pour la deuxième journée consécutive au Parlement ukrainien sur une amnistie pour les protestataires arrêtés pendant les manifestations, l'une des principales revendications de l'opposition. Pour la première fois depuis plusieurs jours, cette dernière a calmé le jeu ce mercredi. Dans le centre de Kiev, seules quelques centaines de militants de l'opposition casqués et armés de bâtons "patrouillaient" sur la place de l'Indépendance .

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