Ukraine : le Premier ministre démissionne, le président opposé à son départ

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CRISE POLITIQUE - Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a annoncé jeudi sa démission en plein conflit armé avec les séparatistes prorusses. Le président Petro Porochenko a demandé ce vendredi au Parlement de ne pas entériner la démission du Premier ministre et de son gouvernement lors d'un vote.

L'Ukraine n'est pas prête de sortir de l'instabilité. Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a créé la surprise jeudi en annonçant quitter son poste. "J'annonce ma démission compte tenu de la dislocation de la coalition parlementaire, qui bloque les initiatives gouvernementales", a déclaré Arseni Iatseniouk au Parlement. La dissolution de la coalition "aura des conséquences dramatiques pour le pays", a mis en garde le membre du parti Batkivchtchina de Ioulia Timochenko, la plus importante force de la coalition au pouvoir.

Une décision qui semble causée par une divergence avec le président Petro Porochenko concernant la stratégie politique de la majorité gouvernementale. Si le chef de l'Etat est favorable à la disparition de la coalition actuelle pour aller vers des élections législatives anticipées, son Premier ministre, très apprécié des Occidentaux, trouve que le moment n'était pas bien choisi, vu la situation du pays .

Le président contre cette démission

Le président ukrainien a demandé au Parlement de ne pas entériner la démission du Premier ministre et de son gouvernement lors d'un vote qu'il a réclamé vendredi. "J'insiste pour que le Parlement se prononce le 25 juillet en votant une motion de confiance", souligne Petro Porochenko dans une lettre au président du Parlement Olexandre Tourtchinov.

"La dissolution de la coalition n'est pas une raison pour la démission du gouvernement (...) J'espère que les émotions vont se calmer et que l'esprit froid et le sens de la responsabilité l'emporteront et que tout le gouvernement continuera de travailler", a-t-il souligné.

Il a également demandé aux députés d'examiner vendredi les lois permettant de renflouer le budget qui n'ont pas été votées jeudi, ce qui a été l'une des raisons avancées par Arseni Iatseniouk pour justifier sa démission.

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