Ukraine : l'Europe et les Etats-Unis à l'offensive

Ukraine : l'Europe et les Etats-Unis à l'offensive

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DIPLOMATIE - La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, doit rencontrer mercredi à Kiev le président Ianoukovitch. Avec Washington, l'UE réfléchit à un plan d'aide financière susceptible de contrer l'influence russe en Ukraine.

L'Europe revient dans le jeu. Après deux mois de face-à-face entre le pouvoir ukrainien et ses opposants dans les rues de Kiev, Catherine Ashton est arrivée mardi soir dans la capitale ukrainienne. Elle sera reçue mercredi matin par le président Ianoukovitch . Dans ses bagages, la chef de la diplomatie de l'Union européenne doit apporter des propositions d'aide financière pour aider le pays à sortir de la crise.

Pour comprendre cette manœuvre européenne, il faut se souvenir que la crise est partie, en novembre dernier, du refus de Kiev de signer un partenariat privilégié avec l'UE. Alors que l'Ukraine se trouvait au bord de la faillite, l'accord lui ouvrait la perspective d'une aide de 610 millions d'euros. Mais le président Ianoukovitch l'avait finalement jugée insuffisante, d'autant qu'elle était subordonnée au programme draconien de réformes du Fonds monétaire international (FMI). Préférant rester dans le giron de Moscou qui, juste avant la signature de l'accord, avait mis sur la table une offre difficile à refuser : 15 milliards de dollars de crédits et une réduction des prix de son gaz (dont l'Ukraine est dépendante) de 30%.

Contreparties exigées

Sortie du jeu par un plus gros miseur, l'Europe tente donc aujourd'hui de replacer ses pions. Profitant d'une fenêtre qui s'est ouverte la semaine dernière, quand Moscou a suspendu une partie de son aide après que le Premier ministre, Azarov, a démissionné pour apaiser les manifestants. Moscou craint en effet que le pouvoir ne finisse par céder aux manifestants pro-européens.

Pour être en mesure de faire une proposition crédible, l'UE s'associe aux Etats-Unis. Ceux-ci ont confirmé lundi discuter de cette aide, dont le montant n'a pas été précisé. "Elle ne sera pas petite", a néanmoins assuré Catherine Ashton au Wall Street Journal , après avoir rencontré le chef de la diplomatie américaine John Kerry,  samedi à Munich. Comme Moscou, Washington et Bruxelles exigent toutefois des contreparties : en l'espèce, un gouvernement technique, susceptible de calmer l'opposition et de lancer les réformes nécessaires pour sortir le pays de l'ornière économique. Encore faut-il que la "carotte", selon l'expression utilisée par un responsable américain, soit assez grosse. Sinon ce sera encore au bâton (la rue), de jouer.

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