Ukraine : l'Europe s'insurge en chœur mais ne fait pas front

Ukraine : l'Europe s'insurge en chœur mais ne fait pas front

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DIPLOMATIE - Les événements meurtriers qui ont secoué Kiev la veille au soir ont levé mercredi un vent de condamnations en Europe. Mais sous l'indignation, les divisions demeurent.

Nuit sanglante aux portes de l'Union européenne. Au lendemain des affrontements meurtriers qui ont fait 26 morts dans le centre de Kiev , les voisins de l'Ukraine ne pouvaient pas rester sans voix. "On ne peut pas rester passif. L'Ukraine n'est pas dans l'Europe, mais l'Ukraine est en Europe", a ainsi réagi François Hollande. Mais au-delà de la prise de conscience géographique, l'UE se retrouve à nouveau face à l'éternelle question qui la ronge : est-elle capable de peser comme un seul homme ?

A entendre le concert de condamnations mercredi, on serait tenté de le croire. Ne sachant plus quels mots choisir pour condamner la répression venant du pouvoir ("actes inqualifiables, inadmissibles, intolérables"), le président français a assuré que ses auteurs seraient "sanctionnés". Même menace de la part du Royaume-Uni, de la Pologne, de la Suède, la Lituanie... Jeudi, la question sera même au menu d'une réunion extraordinaire à Bruxelles, rassemblant les 28 ministres des Affaires étrangères.

L'UE désunie face à Moscou

Mais même si les partenaires "tendent vers des actions coordonnées, en l'occurrence des sanctions ciblées, il n'y a pas pour autant de position commune", tempère pour metronews Vivien Pertusot, responsable de l'IFRI à Bruxelles. "Ils ne s'accordent pas sur une attitude de principe vis-à-vis du pouvoir ukrainien, à savoir : est-ce qu'on garde ouverte la possibilité de négocier, peu importe ce qu'il se passe sur le terrain ?" Une question qui, selon le chercheur, n'est pas près d'être tranchée : "Ils ont mis plus d'un an avant de s'accorder sur Bachar al-Assad, alors sauf aggravation très sévère de la situation..."

Si elle veut parler d'une seule voix, l'UE doit surtout faire front commun face à la Russie , qui soutient le président Ianoukovitch face à une "tentative de coup d'Etat". Or, c'est là que le bât blesse le plus. "D'un côté, les pays baltes sont assez hostiles à Moscou et forment un premier front, emmené par la Pologne. Mais d'autres, comme la Finlande ou la Bulgarie, sont assez modérés", énumère Vivien Pertusot. La France, elle, "est partagée entre ses intérêts économiques et les droits de l'homme". Mais la grande incertitude, "c'est toujours l'Allemagne, économiquement très proche des Russes et qui se montre très réticente à les critiquer". La question est donc : l'UE est-elle prête à tout accepter pour ne pas se froisser avec Moscou ?

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