Ukraine : l'Otan va-t-elle intervenir face aux Russes ?

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EUROPE - L'escalade militaire est plus que jamais redoutée en Ukraine, alors que des convois russes ont récemment franchi la frontière et que la tension est encore montée d'un cran ce week-end entre Vladimir Poutine et les dirigeants occidentaux.

Le retour à une "guerre totale". C'est le scénario désormais envisagé en Ukraine par le président Petro Porochenko lui-même. "Nous voulons la paix et nous nous battons pour les valeurs européennes. Mais la Russie ne respecte aucun accord", déplore-t-il dans un entretien au quotidien allemand Bild à paraître lundi. Et ce, alors que le départ anticipé du président russe Vladimir Poutine du G20 en Australie ce week-end, où il avait reçu un accueil glacial des dirigeants occidentaux, laisse présager un durcissement des positions de Moscou. Or mercredi dernier, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) avait confirmé que plusieurs convois militaires venus de Russie étaient entrés dans l'est du pays, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 5 septembre.

Si ces "renforts" passaient à l'action, ils viendraient compromettre l'espoir de l'Ukraine de rétablir l'ordre à l'Est, car l'armée régulière est affaiblie après la perte de la Crimée. Et le pays ne pourrait alors compter sur l'aide de personne, affirme à metronews, sous couvert d'anonymat, une source au sein de l'alliance Atlantique : "A l'Otan personne n'envisage une intervention en Ukraine", même si la Russie y combattait à visage découvert. Pas plus à l'ONU, où la Russie dispose d'un veto au Conseil de sécurité, ni du côté de l'Union européenne, où seules des sanctions économiques sont envisagées. "Notre priorité, c'est la sécurité de nos alliés", poursuit cette source.

Pas au niveau

Il faut dire que l'Ukraine n'est pas membre de l'Otan, bien qu'elle ait envisagé d'y entrer avant l'arrivée au pouvoir du président Viktor Ianoukovytch en 2010. "Avec l'élection d'un nouveau Parlement fin octobre ils feront peut-être une demande d'adhésion. Mais ce n'est pas une bonne idée, ça inciterait les Russes à en rajouter encore plus à l'Est. Et ça a peu de chances d'être accepté à l'Otan, car l'Ukraine n'est pas au niveau de ce qu'on attend d'un allié. Ils n'arrivent même pas à assurer leur propre défense...", observe, sans détour, notre interlocuteur.

Très prompt à dénoncer les manœuvres russes dans la région, l'Otan a noué une relation de partenariat avec l'Ukraine depuis 1997. "On n'envisage pas de leur donner ou leur vendre des armes létales, mais on leur a donné au printemps des casques et des gilets pare-balles. Il existe aussi un fond pour améliorer leur capacité de commandement, de cyberdéfense et de réhabilitation des blessés", précise notre source.

L'alliance militaire a aussi montré ses muscles récemment en adoptant un plan visant à déployer plus rapidement des forces dans les pays membres en cas de besoin, notamment en Pologne et dans les pays baltes. "Mais personne n'envisage aujourd'hui que la Russie envahisse ces pays, malgré les récentes provocations en mer Baltique ", assure la source.

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