Ukraine : Moscou reste insensible aux pressions internationales

Ukraine : Moscou reste insensible aux pressions internationales

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DIPLOMATIE – Après deux jours d'intenses négociations et la décision de premières sanctions à l'encontre de Moscou, les discussions se poursuivaient vendredi au sein de chaque camps. Sur le terrain, les provocations se poursuivaient néanmoins. Déjà empêchés de rentrer en Crimée jeudi, les observateurs européens de OSCE ont une nouvelle fois été bloqués à la frontière de la péninsule vendredi.

Le bras de fer entre la Russie et les puissances occidentales se poursuivait vendredi après deux jours d'intenses négociations infructueuses. Pour la première fois depuis le déploiement de forces russes en Crimée , il y a une semaine, les ministres des Affaires étrangères américains, européens et russes se sont longuement rencontrés mercredi et jeudi au cours d'un marathon diplomatique qui semble n'avoir abouti qu'à durcir encore un peu plus les positions de chacun.

Si bien que Washington et Bruxelles ont décidé jeudi de lancer contre Moscou une première salve de sanctions diplomatiques. Des restrictions de visas pour des personnalités ukrainiennes et russes "responsables ou complices de menacer la souveraineté de l'Ukraine" ont ainsi été prises. Ces mêmes responsables, et d'autres, pourraient en outre voir leurs avoirs détenus à l'étranger gelés. Autant de sanctions susceptibles toutefois d'être levées si des signes de "désescalade" apparaissent en Crimée, ne cessent de marteler depuis trois jours les dirigeants européens.

Les observateurs interdits de pénétrer en Crimée

Moscou ne semble cependant pas disposé à saisir cette main tendue. Refoulés jeudi de Crimée, les quarante observateurs militaires de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), censés rendre compte de la situation dans la région à ses 57 Etats membres, ont à nouveau été bloqués vendredi lors d'une seconde tentative de pénétration dans la péninsule autonome ukrainienne.
Ce blocage à l’initiative de forces pro-russes intervient alors que les ministres des Affaires étrangères de douze pays d'Europe centrale et du nord se sont prononcés vendredi pour l'envoi le plus tôt possible d'une mission d'observateurs de l'Union Européenne en Ukraine, à l'issue d'une réunion à Narva, en Estonie.

Dans ce contexte, rien ne semblait pouvoir désamorcer la crise considérée par de nombreux dirigeants comme la plus grave depuis la fin de la guerre froide. Interrogé vendredi matin sur France info , le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déjà envisagé de "nouvelles mesures en direction des responsables et des entreprises russes". Des sanctions économiques massives contre la Russie auraient des conséquences graves pour cette "économie fragile", a notamment fait remarquer le chef de la diplomatie, faisant remarquer que le rouble était déjà fortement affaibli.

Mais Moscou, décidément, ne semble pas intimidé. Le géant gazier russe Gazprom, sous contrôle de l'Etat, a menacé vendredi l'Ukraine d'interrompre ses exportations de gaz en raison d'arriérés de paiement ukrainien s’élevant à 1,89 milliard de dollars. Une menace énergétique à destination des dirigeants de Kiev, qui tentent d'instaurer un processus démocratique pour légitimer le nouveau pouvoir issu de Maïdan. A ce titre, François Hollande recevait vendredi après-midi l'un des leaders de l'opposition, candidat déclaré à l'élection présidentielle annoncée en Ukraine : l'ex-champion du monde de Boxe, Vitali Klitschko.

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