Ukraine : sous pression, la Russie accepte le dialogue

Ukraine : sous pression, la Russie accepte le dialogue

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UKRAINE – L'Ukraine s'est déclarée dimanche "au bord du désastre" à la suite de la "déclaration de guerre" de la Russie et semblait perdre rapidement le contrôle de la Crimée. L'Occident cherchait, de son côté, une issue à l'un des plus graves conflits de son histoire avec Moscou. Dimanche soir, Vladimir Poutine a desserré l'étreinte en acceptant la création d'"un groupe de contact" pour ouvrir le dialogue sur la situation ukrainienne.

"Nous sommes au bord du désastre", "c'est une déclaration de guerre à mon pays". Les mots, graves, ont été prononcés dimanche par Arseni Iatseniouk, le nouveau Premier ministre ukrainien. La veille, à la demande de Vladimir Poutine, le Conseil de la Fédération russe (équivalent du Sénat) avait en effet adopté à une très large majorité la décision de recourir aux " forces armées de la Fédération de Russie sur le territoire de l'Ukraine jusqu'à la normalisation de la situation socio-politique dans ce pays". Les forces armées russes ont donc le feu vert pour intervenir en Crimée , région pro-russe d'Ukraine.

Depuis, la situation ne cesse de se tendre. L'Ukraine s'est à son tour mise sur le pied de guerre dimanche en rappelant ses réservistes et en fermant son espace aérien à tout appareil non civil. Mais elle semble perdre rapidement le contrôle de la Crimée, où des milliers d'hommes armés non identifiés bloquent ses militaires dans leurs casernes. Autre coup dur : le commandant en chef de la marine ukrainienne, l'amiral Denis Berezovski, a annoncé dimanche qu'il prêtait allégeance aux autorités pro-russes de Crimée.

Poutine accepte la création d'un "groupe de contact"

Face à cette situation explosive, la communauté internationale multiplie les mises en garde à l'adresse de Moscou. Volonté réelle d'apaisement ou simple retardement de l'intervention militaire, Vladimir Poutine a accepté dimanche soir une proposition d'Angela Merkel sur la création d'un "groupe de contact" afin d'entamer "un dialogue politique" sur l'Ukraine. Les 28 pays membres de l'Union européenne ont participé un peu plus tôt à Bruxelles à une réunion de crise. "Ce que fait la Russie en Ukraine viole le principe de la Charte des Nations unies. Cela menace la paix et la sécurité en Europe", a dénoncé Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan. Après un long coup de fil de Barack Obama à Vladimir Poutine samedi, les Etats-Unis ont exigé que la Russie replie ses ses forces déployées en Crimée, faute de quoi elle s'exposerait à un isolement international et à un impact "profond" sur ses relations avec Washington. John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, a fermement mis en garde la Russie, lui certifiant qu'elle risquait sa place à la table des grandes puissances, au sein du G8, si elle poursuivait son "invasion" de la Crimée.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a pour sa part appelé à une "médiation" entre les deux parties, qui viserait à obtenir une "désescalade", assurant : "La Russie est traditionnellement notre amie. Nous souhaitons d'un ami traditionnel autre chose qu'un bruit de bottes". Cette médiation, a précisé le ministre des Affaires étrangères, pourrait être conduite par les Nations unies, l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ou un pays, insistant sur la disponibilité de la France à cet égard. Les contours d'une solution émanant de la communauté internationale pourraient se préciser lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne devant se réunir à Bruxelles.

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