Ukraine : un hélicoptère abattu par les séparatistes

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CRISE - Les séparatistes de l'est de l'Ukraine ont abattu un hélicoptère de l'armée ukrainienne près de leur fief de Slaviansk, tuant 14 militaires. Un drame qui devrait peser dans les négociations sur lz gaz russe, vendredi, entre l'Union Européenne, l'Ukraine et la Russie.

Regain de tensions à l'Est de l'Ukraine. Les rebelles prorusses ont abattu jeudi près de Slaviansk un hélicoptère de l'armée ukrainienne, tuant 12 soldats. Une journée noire pour les forces loyalistes qui tentent depuis près de deux mois de mettre fin à l'insurrection séparatiste, et qui devrait peser dans les pourparlers entre Bruxelles, Moscou et Kiev sur le gaz russe, prévus vendredi à Berlin.

L'appareil, qui transportait des hommes pour la relève des troupes et un général des forces du ministère de l'Intérieur, a été visé par un lance-missiles sol-air portatif russe, a affirmé le président par intérim Olexandre Tourtchinov devant le Parlement. "Je suis convaincu que nos forces armées (...) mèneront à son terme le nettoyage des terroristes et que les criminels que finance la Russie seront éliminés ou se retrouveront sur le banc des accusés", a lancé celui qui doit laisser sa place début juin au vainqueur de la présidentielle de dimanche, Petro Porochenko.

L'approvisionnement de gaz perturbé ?

Il s'agit de l'une des journées les plus sombres pour l'armée ukrainienne depuis le déclenchement de ses opérations contre les insurgés de l'Est. Une région où la tension reste vive, après la quarantaine de morts lundi à l'aéroport de Donetsk : l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a en effet perdu mardi le contact avec une équipe de quatre observateurs -- un Danois, un Estonien, un Turc et un Suisse. "Nous savons où ils sont, ils sont sains et saufs", a tenu à rassurer le "maire" de Slaviansk, un bastion des insurgés dans l'est de l'Ukraine. "Nous les avons interpellés. Nous allons clarifier qui ils sont, où ils allaient et pourquoi, et nous les relâcherons".

Un autre groupe, de 11 observateurs, a été également brièvement détenu mercredi dans la région de Donetsk. Des incidents à répétition qui inquiètent Petro Porochenko. Le milliardaire a indiqué vouloir "immédiatement" entamer des négociations avec les Etats-Unis et l'Europe sur une alliance de défense "pour protéger l'Ukraine militairement", dans un entretien avec le quotidien allemand Bild. "A l'époque, nous avons renoncé à l'arme nucléaire et obtenu des garanties de sécurité russes, mais nous voyons bien maintenant que ces garanties ne valent rien", a-t-il expliqué.

Les autorités ukrainiennes pro-occidentales voient en outre se renforcer la perspective d'une "guerre du gaz" avec la Russie. Moscou, qui exige le paiement de deux milliards de dollars d'impayés dès jeudi, et Kiev, qui pose comme préalable des assurances sur une baisse de prix, campent en effet sur leurs positions. Et faute d'accord, le puissant groupe gazier russe Gazprom pourrait couper dès mardi ses livraisons. Au risque de perturber les approvisionnements de certains pays européens. Un risque que Bruxelles souhaite à tout prix éviter : le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger et "des représentants" russes et ukrainiens vont se retrouver vendredi à Berlin pour une nouvelle série de négociations, a annoncé jeudi la Commission Européenne.
 

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