Ukraine : une grand-mère de Crimée interdite de voir ses petits enfants en France

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VISA – Tatiana, habitante de la Crimée, voulait rendre visite à sa famille en France. Elle s'est vue refuser sa demande de visa par les autorités françaises. Le motif : elle s'était adressée à la Russie, ne pouvant pas franchir le blocus ukrainien pour se rendre à Kiev.

Elle est la grand-mère de deux petits enfants, l'un âgé de trois ans, l'autre de 19 mois. Tatiana, habitante de Crimée, se faisait une joie de rendre visite à sa famille, installée en France, dans la banlieue lyonnaise. Jusqu'à ce que la politique internationale s'en mêle.

"Les résidents de Crimée doivent adresser leur demande en Ukraine"

"Nous avions fait toutes les démarches auprès de la mairie, nous avions même acheté son billet d'avion", raconte son beau-fils, Wilfried, à metronews. Tatiana, elle, s'était rapprochée des services consulaires françaises à Rostov, en Russie, à 700 kilomètres de son domicile. Un processus long et coûteux, qui impliquait à chaque fois pour la grand-mère de prendre un train de nuit afin d'apporter les papiers requis aux autorités françaises. "Quand elle a finalement reçu un appel l'informant que ses documents l'attendaient, elle était ivre de joie. En découvrant dans l'enveloppe que sa demande de visa était refusée, ça a été la douche froide", se désole Wilfried.

La raison du refus ? La demande était adressée en Russie. Or, depuis mars 2014 et un référendum des Criméens, la région a été annexée par Moscou . Sauf que ce référendum est considéré comme illégal par nombre d'observateurs internationaux, parmi lesquels l'Union européenne. Celle-ci estime que la Crimée appartient toujours à l'Ukraine. En conséquence de quoi, "les résidents de Crimée, qu'ils soient en possession d'un passeport russe, ukrainien ou autre, doivent adresser leur demande de visa en Ukraine, où ils vivent, et non en Russie", explique ainsi la Commission européenne, contactée par metronews.

"Carrément impossible"

Seul problème : ce principe est inapplicable dans la réalité. En décembre dernier, Kiev a mis un terme à toutes les liaisons entre l'Ukraine et la Crimée, qu'elles se fassent par train, car ou avion. "Entre le blocus à la frontière et le racisme anti-russe des Ukrainiens, c'est carrément impossible", se lamente le beau-fils de Tatiana. Lui voudrait seulement que ses enfants puissent voir leur mamie, comme c'était encore possible il n'y a pas si longtemps : "Ça pose un vrai problème humain. En faisant cela, on viole clairement les droits de l'homme et des familles, que l'Europe est censée garantir. Comment peut-on prendre en otage tous les habitants d'une région pour une querelle politique ?"

Wilfried n'entend pas pour autant baisser les bras. Il a décidé de saisir la commission de recours contre les décisions de refus de visa, située à Nantes, et avance comme argument l'article 8 de la Convention européenne des Droits de l'homme, qui garantit le "droit au respect de la vie privée et familiale". Reste à savoir si la commission sera sensible à son histoire. "Forcément, c'est un moment douloureux pour ma femme et mes enfants", achève-t-il, l'air sombre.

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