Ukraine : une journée en enfer

Ukraine : une journée en enfer

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CRISE - Les violences meurtrières qui ensanglantent depuis mardi le centre de la capitale ukrainienne ont culminé jeudi, faisant des dizaines de morts. En urgence, l'Union européenne a improvisé une médiation pour tenter d'obtenir un accord de sortie de crise.

Le jour le plus long. Depuis presque trois mois que dure la contestation du pouvoir dans le centre de la capitale ukrainienne, jamais ce qu'il reste des pavés de la place Maïdan (les manifestants les arrachent pour les jeter sur les forces armées) n'avaient été rougis de tant de sang que jeudi. Au moins 67 morts parmi les manifestants, selon le dernier bilan, que certaines sources évaluent même à plus de 100 victimes. Le point culminant d'une violence qui n'a fait que croître pendant trois jours (quatre morts mardi, 28 morts mercredi).

Et si le pays n'a pas à proprement parler sombré dans la guerre civile - les violences restant majoritairement circonscrites à la capitale et n'opposant pas deux fractions de la population – c'est le terme qui vient à l'esprit devant les images qui nous parviennent de Kiev, quasiment en temps réel. Certaines vidéos montrent des Berkout (les unités spéciales anti-émeutes) tirer à balles réelles sur les manifestants, au fusil à lunette ou à la kalachnikov. En face, on voit des manifestants fauchés par les balles, certains mortellement. D'autres sont en proie aux flammes, vraisemblablement à cause des cocktails molotov. Et la violence n'étant pas l'apanage d'un camp - même si les forces sont clairement déséquilibrées -, on en voit également s'acharner à coups de pavés sur des policiers à terre.

Trois ministres européens et un médiateur russe

Des scènes proprement hallucinantes, en plein cœur du continent européen. Et qui paraissent démesurées quand on se souvient de ce qui a mis le feu aux poudres fin novembre : un désaccord, entre une partie de la population qui souhaite un rapprochement économique avec l'Union européenne, et le président Ianoukovitch qui y avait renoncé, décidant de maintenir l'Ukraine dans le giron russe. Des positions qui se sont radicalisées au fil des semaines : la contestation pro-européenne s'est transformée en un rejet pur et simple du régime, quand la répression policière s'est fait de plus en plus violente. Et ce qui ne devait être à l'origine qu'une manifestation pacifique, place du Maïdan, a viré au jeu de massacre.

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