Un an après le putsch manqué contre Erdogan, la chasse aux sorcières continue en Turquie

RÉPRESSION- Un an jour pour jour après la tentative de putsch militaire, le régime turc commémore sa victoire contre le soulèvement qui a fait 249 morts parmi les civils. Mais derrière cette célébration, la purge entamée par le président Erdogan continue au sein de l’appareil de l’Etat, avec 7000 nouveaux limogeages dans l’armée et la police.

Les députés turcs  ont observé ce samedi une minute de silence en hommage aux victimes du putsch militaire manqué du 15 juillet 2016. Une minute de silence au Parlement qui peine à masquer l’ampleur de la répression qui a réduit des milliers de Turcs, elle aussi, au silence.


Cette semaine, ce sont encore 7000 policiers et militaires qui ont été limogés, accusés d’être liés à cette tentative de putsch. Ils viennent grossir les rangs des 50 000 personnes arrêtées depuis un an dans l’armée, la police, les ministères et les médias. En tout, ce sont près de 100 000 Turcs qui ont été mis à pied à tous les niveaux de l’Etat.

Le 15 juillet 2016 peu après 22h, des militaires putschistes prennent les armes et tentent de prendre le contrôle de plusieurs places stratégiques à Ankara et Istanbul. Les combats font rage dans la plus grande confusion, les militaires tirent dans la foule et le Parlement est bombardé. Le visage du président Recep Tayyip Erdogan apparaît alors en direct sur le téléphone d’une présentatrice. Le président islamo-conservateur exhorte la population à résister et à se rassembler sur les grandes places pour exprimer leur soutien au régime. Les combats durent toute la nuit et font 249 morts parmi les civils, mais au petit matin, la plupart des militaires dissidents ont été arrêtés.

Sur son compte Twitter officiel, le président Erdogan a publié une vidéo de propagande pour rendre hommage aux civils morts le 15 juillet 2016. Dans cette vidéo à la gloire du régime, (visible dans le tweet ci-dessus), les militaires présentés en gris tirent sur la foule dans une scène qui évoque le film  d'Eisenstein Le cuirassé Potemkine.

Cette tentative de coup d’Etat va servir dans les semaines qui suivent d’alibi pour le régime pour asseoir un peu plus son pouvoir et mener une grande purge politique. Le président turc  accuse expressément le prédicateur Gülen, un ancien allié devenu opposant, qui vit aujourd’hui en exil aux Etats-Unis, d’avoir fomenté ce coup d’Etat. 

Après avoir décrété l’Etat d’urgence le 20 juillet 2016, le régime procède à des vagues d’arrestations de grande ampleur, visant particulièrement l’armée et la police. En avril 2017 le "oui" l’emporte à un référendum sur une réforme constitutionnelle prévoyant l’octroi de nouveaux pouvoirs au président.

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