Un chimiste, lié à la création du neurotoxique utilisé pour empoisonner Navalny, lui présente ses excuses

L'opposant russe Alexeï Navalny, ici à Moscou en 2018, a été hospitalisé dans un état grave après avoir, selon ses proches, été la cible d'un "empoisonnement intentionel".
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MEA CULPA - Un chimiste, disant être impliqué dans le programme secret soviétique ayant mis au point l'agent innervant Novitchok, a présenté ses excuses à l'opposant Alexeï Navalny, victime selon les autorités allemandes de ce puissant neurotoxique.

Il s’appelle Vil Mirzaïanov. A 85 ans, ce scientifique à l'air bonhomme est l'un de ceux qui s'attribue la paternité du Novitchok, une substance désignant plus d’une centaine de gaz innervant fabriqués par l’Union soviétique dans les années 1970 et 1980, puis par la Russie au moins jusque dans les années 90. 

Vivant désormais aux Etats-Unis, il fut le premier à avoir révélé l'existence de ce programme secret soviétique dans des articles publiés au début des années 1990. Selon les autorités allemandes, c'est ce puissant neurotoxique qui aurait empoisonné l'opposant russe Alexeï Navalny fin août. 

Alors aujourd'hui l'homme a des remords, et il le fait savoir : "Je présente mes profondes excuses à Navalny pour avoir participé à cette entreprise criminelle qui a mis au point la substance qui l'a empoisonné", a-t-il affirmé samedi, lors d'une interview pour la chaîne d'opposition TV Rain.

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Samedi justement, Alexeï Navalny, qui avait été victime d'un malaise lors d'un vol en Russie le 20 août, est revenu sur sa difficile convalescence dans un hôpital berlinois où il doit réapprendre à parler depuis son empoisonnement présumé à ce gaz innervant. Moscou a rejeté ces accusations, malgré les conclusions en ce sens de laboratoires allemand, français et suédois.

"Navalny va devoir être patient mais à la fin il sera à nouveau en bonne santé", a estimé Vil Mirzaïanov, prévoyant une convalescence de "près d'un an". Selon  lui, le principal opposant au Kremlin a probablement ingurgité le poison car il semblerait qu'il n'ait pas contaminé d'autres personnes.

Des soutiens de Navalny ont justement affirmé avoir ramassé des indices dans la chambre d'hôtel que venait de quitter l'opposant à Tomsk, en Sibérie, juste avant son malaise fin août. Selon eux, des traces de Novitchok ont été retrouvées par un laboratoire allemand sur une bouteille d'eau ramassée dans sa chambre et envoyée en Allemagne.

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Le mystérieux empoisonnement d'Alexeï Navalny

A l'inverse, un autre scientifique ayant participé à la création du Novitchok, Vladimir Ouglev, a affirmé au site russe d'investigation Proekt que la survie d'Alexeï Navalny indiquait qu'il avait été en contact avec le poison par la peau, sans l'avaler. Même mise en doute de la part de Leonid Ronk, un scientifique russe, présenté par les médias d'Etat comme ayant également travaillé à la création du Novitchok. Interrogé par l'agence Ria Novosti, il a soutenu que Vil Mirzaïanov n'avait pas été impliqué dans la création du Novitchok et que, par conséquent, il ne connaissait pas "ses effets biologiques". Selon Leonid Rink, l'opposant Navalny n'a pas été exposé au Novitchok car, si cela avait été le cas, "il n'aurait pas survécu".

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