Un haut diplomate nord-coréen disparaît à Rome, Séoul annonce qu'il a demandé l'asile à l'Italie

Un haut diplomate nord-coréen disparaît à Rome, Séoul annonce qu'il a demandé l'asile à l'Italie
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DIPLOMATIE - Des députés sud-coréens ont annoncé ce jeudi la disparition d'un haut diplomate nord-coréen à Rome, alors qu'il assurait l'intérim en tant qu'ambassadeur en Italie. Toujours selon Séoul, ce dernier aurait fait défection et demandé l'asile à l'Italie, avant de se cacher. Les autorités italiennes affirment n'avoir reçu aucune demande d'asile.

Selon Séoul ce jeudi, le plus haut diplomate nord-coréen en poste en Italie aurait demandé l’asile et, dans l’attente d’une réponse, se cacherait désormais à Rome. C’est en tout cas ce qu’ont déclaré aux journalistes ce jeudi des députés sud-coréens après une réunion à huis-clos avec des responsables des services de renseignement sud-coréens. Ce dernier assurait l’intérim depuis octobre 2017.


Du côté italien, Rome a toutefois affirmé ne pas avoir pris connaissance d'une demande d'asile. "La mission de l'ambassadeur par intérim Jo Song Gil devait se terminer fin novembre dernier et il s'est enfui du complexe diplomatique début novembre" avec sa femme, a déclaré aux journalistes Kim Min-ki, un membre du Parlement sud-coréen. Un autre parlementaire, Lee Eun-jae a quant à lui indiqué que les renseignements sud-coréens (NIS) ont confirmé la demande d’asile du diplomate nord-coréen, sans savoir où se trouve ce dernier.

Une simple demande de "remplacement" reçue par Rome

La réunion impliquant le NIS et les députés du pays est survenue après la divulgation du journal sud-coréen JoongAng Ilbo comme quoi le diplomate, Jo Song Gil, avait demandé l’asile dans un pays occidental, avec sa famille. Une demande qui s’apparente à une importante défection pour le régime nord-coréen. "Il a demandé l'asile au début du mois dernier", avait ainsi révélé une source diplomatique citée par le quotidien.


Selon cette source, le cas du haut diplomate nord-coréen serait très embarrassant pour les autorités italiennes, qui le protégeraient néanmoins "dans un endroit sûr". "Nous n'avons pas connaissance" d'une telle demande d'asile, a cependant  indiqué à l'AFP une source proche du ministère des Affaires étrangères italien, précisant qu’il n’avait reçu qu’une demande de "remplacement" de M. Jo.

Jo issu d'une famille privilégiée ?

En cas de défection de Jo Song Gil, elle ne serait pas sans rappeler celle de Thae Yong-Ho en 2016, ancien numéro 2 de l’ambassade nord-coréenne en Grande-Bretagne. Thae avait été qualifié de "pourriture humaine" par Pyongyang, qui l’a soupçonné d’avoir volé une importante somme d'argent, violé un mineur et espionné pour le compte de Séoul, après avoir justifié son absence par sa volonté d'offrir un meilleur avenir à ses trois enfants. Le diplomate venait d’être rappelé en Corée du Nord.


Selon le journal JoongAng Ilbo, M. Jo est "connu comme étant le fils, ou un gendre, d'un des plus hauts responsables du régime de Pyongyang". Habituellement, les diplomates nord-coréens doivent laisser au pays des membres de leur famille, souvent des enfants, pour les décourager de faire défection une fois en poste à l'étranger. Cependant, Jo était arrivé à Rome en mai 2015 avec sa femme et ses enfants, ce qui laisse penser qu'il pourrait être originaire d'une famille privilégiée.

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