Un manuel d’éducation sexuelle justifiant le viol scandalise la Corée du Sud

Un manuel d’éducation sexuelle justifiant le viol scandalise la Corée du Sud

CHOQUANT - En Corée du Sud, le ministère de l’Education nationale a distribué un manuel d’éducation sexuelle aux écoliers de tous le pays. Problème : il est sexiste, bourré d’erreurs et "excuse" le viol dans certaines circonstances.

Il a fallu deux ans et pas loin d’un demi-million d’euros (600 millions de wons) au ministère de l’Education nationale coréen pour préparer son manuel d’éducation sexuelle. Mais le document, distribué depuis quelques mois dans tous les établissements du pays, semble très loin de faire l’unanimité.

Car le manuel fait du bruit au pays du matin calme. La raison de ce tollé : le contenu misogyne et grossièrement inexact, voire dangereux, du document. Ainsi, les élèves du primaire et du secondaire peuvent lire que “le désir sexuel masculin peut croître rapidement, d’un coup, indépendamment du temps ou de l’endroit”, rapporte The Korea Herald .

Déconnecté de la réalité

Le principal quotidien sud-coréen de langue anglaise pointe aussi le sexisme choquant du texte. "Les hommes ont le contrôle de l’argent alors que les femmes sont désirées pour leur corps dans notre société, explique le document. Ainsi, les hommes qui dépensent de l’argent dans des rendez-vous avec des femmes attendent d’elles certaines contreparties. Dans de telles conditions, des violences sexuelles peuvent se produire."

Et "l’éducation sexuelle" ne s’arrête pas là. Les jeunes Coréennes, si elles sont victimes d’attouchements dans le métro, doivent “marcher sur le pied (de leur agresseur)". A aucun moment il ne leur est conseillé de demander de l’aide ou d’alerter aux autorités. Dans le même ordre d’idée, le manuel affirme que seuls les rapports sexuels forcés constituent des violences sexuelles. Une définition très incomplète qui choque Choi Ran, directeur du Korea sexual violence relief center . Ce dernier estime qu’un tel manuel risque de faire croire aux élèves que les victimes de violences sexuelles sont aussi responsables.

Un texte très conservateur

Et la liste des approximations et des délits flagrants de misogynie est longue. "Dans ce guide, les femmes sont décrites comme des entités simplement destinées à porter des enfants, tandis que la diversité familiale et les différentes orientations sexuelles sont découragées", pointe Bang I-seul, un activiste du Korea sexual violence relief center cité par The Korea Times .

La grogne des associations a fini par porter, un peu, ses fruits. Le ministère a légèrement revu sa copie, modifiant ou supprimant quelques passages du texte. Mais cela ne suffit pas pour les opposants. Selon Park Huyn-i du Aha Sexuality education & counseling center for youth , il n'est pas question ici de maladresses excusables : "Ce manuel ne fait que refléter l’opinion des groupes conservateurs".

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