Dans un texte explosif, un membre de l’administration Trump décrit la "résistance intérieure" contre un président "amoral"

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ÉTATS-UNIS – Un membre haut placé de l’administration Trump a pris la plume dans le "New York Times" pour détailler, sous le couvert de l'anonymat, la façon dont les conseillers du Président doivent aller contre ses décisions pour préserver le pays. Un texte édifiant.

Il est exceptionnel - le terme n’est pas trop fort - de voir le vénérable New York Times publier une tribune anonyme. Celle publiée ce mercredi soir est tout bonnement incroyable. Elle est l’œuvre d’un membre haut placé de l’administration Trump, nommé par le président des États-Unis, alors qu’il n’est pas un haut fonctionnaire de carrière, et prenant justement la plume pour décrire une situation aussi ahurissante qu’inédite. Celle d’une "résistance" (le terme est de lui) qui s’est organisée au sein même de la Maison Blanche… pour empêcher le président d’exercer ses devoirs constitutionnels !

Sa propre administration a envisagé de le destituer

"Beaucoup de membres de sa propre administration travaillent de l’intérieur pour l'empêcher d'exprimer ses pires penchants (…) et l’isoler du processus de décision", formule l’auteur, qui décrit un "Président amoral", en proie à "des pulsions mal orientées", "sans aucun principe", "changeant d’avis d’une minute à l’autre", et dont "les actions nuisent à la santé du pays"... Il faut cependant noter que l’auteur du texte n’est pas un opposant à la politique de Donald Trump. Au contraire, il salue une "réforme fiscale historique", "une armée devenue plus robuste" et "une économie redevenue prospère" depuis son élection.


Ce document n’a pourtant qu’un but : démontrer l'incapacité du président à diriger les États-Unis. "Le plus gros problème n’est pas ce que M. Trump a fait à la présidence mais ce que nous, en tant que nation, lui avons permis de nous faire", écrit l'auteur. Avant d’indiquer que plusieurs membres de son administration ont sérieusement envisagé d’invoquer le 25e amendement afin de le destituer ! Mais ils ont renoncé, préférant s’épargner une crise constitutionnelle de pareille envergure pour tenter de le "contrôler" comme ils le pouvaient...

Un goût prononcé pour les dictatures

Un exemple concret de cette "résistance" est cité : après l’empoisonnement d’un espion russe au Royaume-Uni, le Président a refusé de sanctionner la Russie en expulsant ses diplomates, et ses conseillers ont alors pris cette décision contre sa volonté. "Parce que Moscou devait rendre des comptes". Plus largement, l’auteur évoque le goût prononcé de Donald Trump pour les dictatures et son mépris pour les régimes démocratiques.

Les réunions avec lui dans le Bureau ovale sont toutes hors-sujet

"Les réunions avec lui dans le Bureau ovale sont toutes hors-sujet, parce qu’il pousse des coups de gueule répétitifs, et son impulsivité se traduit par des décisions imprudentes, mal informées et déraisonnables, sur lesquelles nous devons toujours revenir", décrit-il, saluant au passage les conseillers du Président, souvent sévèrement critiqués dans les médias… Mais qui, selon lui, ont déjà sauvé le pays à plusieurs reprises.

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