Un missionnaire australien libéré par la Corée du Nord "au double visage"

Un missionnaire australien libéré par la Corée du Nord "au double visage"

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PYONGYANG - Les intentions de la Corée du Nord et de son jeune dirigeant Kim Jong-Un sont plus que jamais paradoxales. Ce lundi, un missionnaire australien a été libéré. Dans le même temps, le pays a procédé au tir de deux missiles à courte portée.

La Corée du Nord montrerait-elle (enfin) des signes d'ouverture ? Ce lundi, John Short, un missionnaire australien âgé de 75 ans a été libéré. Arrêté mi-février pour avoir distribué des tracts bibliques dans un temple bouddhiste de Pyongyang, il a été récupéré à l'aéroport de Pékin par un véhicule de l'ambassade australienne.

"J'ai conscience d'avoir commis des actes indiscutablement hostiles et je demande pardon", a-t-il confessé, dès son arrivée, à l'agence officielle nord-coréenne KCNA. Concernant cette libération, la Corée du Nord a avancé une mesure de clémence "humanitaire" due à l'âge de l'ancien détenu.

Ce n'est pas la première fois que la Corée du Nord montre des signes de conciliation. Au mois de septembre, le pays avait rouvert le site industriel de Kaesong, fermé depuis avril en raison d'un pic de tensions avec la Corée du Sud. Le mois dernier, Pyongyang avait également accepté la proposition de Séoul de reprendre les réunions de familles séparées par la guerre de Corée , il y a 60 ans. Cette libération du missionnaire australien pourrait-elle en laisser présager d'autres à l'avenir ? L'Américain Kenneth Bae, lui aussi missionnaire, est détenu depuis le mois de novembre 2012 par Pyongyang . Il a été condamné en mai 2013 à 15 ans de travaux forcés pour tentative de renversement du régime. Washington a déjà tenté à plusieurs reprises de le faire libérer, en vain.


"Un double visage"

"Le Nord présente un double visage avec d'un côté des gestes de conciliation et de l'autre des provocations inconsidérées", a expliqué Kim Min-Seok, le porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense.

Paradoxalement, le pays, dirigé depuis fin 2011 par Kim Jong-Un, a fait coïncider cette libération avec le tir de deux missiles à courte portée dans la mer, au large de la côte orientale de la péninsule coréenne. La semaine dernière, des tirs de même nature a également été tirés. Les intentions de la Corée du Nord s'avèrent donc plus que jamais contradictoires.

En réaction aux tirs du Nord, la Corée du Sud a de son côté donné ce lundi le coup d'envoi de deux jours d'exercices à tirs réels. Son objectif ? Tester ses défenses orientales contre une invasion nord-coréenne.

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