Un policier et une manifestante tombent amoureux à Kiev

Un policier et une manifestante tombent amoureux à Kiev

DirectLCI
LOVE ON THE BARRICADE - Un policier et une manifestante se sont rencontrés sur les barricades durant les affrontements en Ukraine, place de l'Indépendance. Une histoire d'amour qui a vite tourné court.

"Je me souviens de ton numéro, pas de ton nom. J'étais en face de toi avec un bouclier, écrit son admirateur. J'ai réalisé que je voulais t'épouser." Cette déclaration d'amour, Lidia Pankiv la découvre le 11 décembre sur son téléphone portable. Cette jeune journaliste de 24 ans est alors sur les barricades du Maïdan, la place au centre de Kiev et épicentre de la révolte qui agite l'Ukraine depuis trois mois. L'auteur du texto, lui, est dans le camp d'en face. Et pour cause : il s'agit d'un policier chargé de la répression.

Ce jour-là, les heurts sont violents dans la capitale. La jeune femme, qui participe au mouvement qui conduira deux mois plus tard à la chute du président Viktor Ianoukovitch , tente de s'interposer avec ses collègues journalistes entre les deux camps. Entre deux détonations et une charge des forces de l'ordre, elle hurle à une amie son numéro de téléphone. L'occasion est trop belle pour Andreï qui, derrière son casque, est tombé sous le charme de la jeune femme.

"J'ai appris à le détester"

Quand elle reçoit son message, Lidia n'hésite pas une seconde. "D'abord il te faudra baisser ton bouclier", répond celle qui, à l'époque, était déjà engagée avec quelqu'un. Malgré ses réticences, elle accepte un rendez-vous avec Andreï avec lequel débute une idylle dont vont très vite s'emparer les médias ukrainiens.

Lidia a été invitée le 21 février par la chaîne de télévision Inter pour raconter sa romance. "Vous voulez probablement entendre comment un officier du Berkout [nom des policiers antiémeutes ukrainiens, ndlr] est tombé amoureux de moi et comment je suis tombée amoureuse de lui", lance devant les caméras la journaliste... avant de révéler un scoop : leur histoire vient de s'achever.

"C'est vrai que je suis tombé amoureuse du policier que j'ai rencontré (…) Mais j'ai appris à le détester", explique-t-elle, profitant de son passage pour se lancer dans une diatribe contre le pouvoir. Mais aussi contre la chaîne de télévision qui l'accueille : "Je veux juste dire combien je déteste Inter pour avoir menti à ses téléspectateurs pendant trois mois et avoir répandu la haine parmi les citoyens de notre pays. (…) Je veux que mes amis morts viennent hanter vos rêves". De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter