Un porte-avion américain fait route vers la Corée du Nord, Trump veut "lever cette menace"

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TENSIONS - Dimanche matin, le commandement américain a indiqué qu’un de ses porte-avions et sa flotte étaient en route vers la Corée du Nord mettant en avant un risque de "menace nucléaire".

En deux jours, les Etats-Unis ont décidé de sortir les muscles sur le plan de la diplomatie internationale. Moins de 48 heures après avoir frappé une base aérienne syrienne, c’est à un autre dossier que les Etats-Unis s’attaquent : le cas nord-coréen et son arsenal nucléaire.


Ainsi, le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique a indiqué avoir envoyé un porte-avions avec sa flotte vers la péninsule coréenne. Le gouvernement américain dénonce un risque de "menace nucléaire".


"Le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS Carl Vinson d'être à disposition et présent dans l'ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution", a déclaré son porte-parole, le commandant Dave Benham. Il a précisé que "la menace numéro un dans la région reste la Corée du Nord, en raison de son programme de missiles irresponsable, déstabilisateur et imprudent, et de la poursuite de ses recherches en vue de disposer d'armes nucléaires".

Si vous devenez une menace pour les autres, à un moment une réponse sera probablement apportéeRex Tillerson

De son côté, Rex Tillerson a justifié les raisons de l'envoi d'un porte-avion dans la péninsule coréenne, lors d'un entretien sur la chaîne ABC. Le chef de la diplomatie américaine a estimé que Pyongyang devrait prendre note de la frappe américaine en Syrie.  "Le message que tous les pays peuvent en tirer est que si vous violez le droit international, si vous violez les accords internationaux, si vous ne respectez pas les engagements, si vous devenez une menace pour les autres, à un moment une réponse sera probablement apportée", a-t-il affirmé. 


Il a toutefois martelé que l'objectif des États-Unis n'était en aucun cas de "changer le régime en Corée du Nord" et que dans ce cas, "les raisons justifiant le développement d'un programme nucléaire en Corée du Nord n'étaient pas crédibles". 

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VIDÉO - Le chef de la diplomatie américain explique les raisons de l'envoi d'un porte-avion en Corée du Nord

De son côté, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a indiqué à la chaîne Fox que le président leur avait "demandé d'être prêts à nous donner un éventail complet d'options pour lever cette menace contre le peuple américain et contre nos alliés et partenaires dans la région". 


Donald Trump se sait soutenu dans ce dossier par le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Les deux hommes se sont entretenus au téléphone et "ont convenu de poursuivre leur coopération", notamment "sur la menace posée par la Corée du Nord", a indiqué la Maison Blanche.

Sixième essai nord-coréen en vue ?

La Corée du Nord a déjà réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016. Selon des images satellites, décortiquées par les experts de "38 North", le régime de Pyongyang serait même en train de préparer un sixième essai. Plus grave encore, selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d'un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d'ici moins de deux ans.

D’ailleurs, jeudi 6 et vendredi 7 avril, le président américain Donald Trump a rencontré son homologue chinois Xi Jinping. Il lui aurait demandé de faire pression sur Kim Jong-Un pour que celui-ci cesse son programme d'armement nucléaire. Donald Trump a d'ores et déjà menacé le régime de Pyongyang d'une action unilatérale, et cette menace paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée sur la base aérienne syrienne d'où auraient décollé les avions syriens supposés responsables de l'attaque chimique présumée contre le village de Khan Cheikhoun mardi 4 avril.

Les bases américaines ciblées par Pyongyang

Samedi la Corée du Nord a d'ailleurs qualifié cette attaque américaine en Syrie d'"acte d'agression intolérable". En février, la Corée du Nord avait tiré simultanément quatre autres missiles, dont trois avaient fini leur course dangereusement près du Japon. Elle avait expliqué qu'il s'agissait d'un exercice en vue d'une attaque contre les bases américaines dans l'archipel. Fin août 2016, la Corée du Nord avait également tiré depuis un sous-marin un missile qui avait parcouru un demi-millier de kilomètres en direction du Japon, ce qui constituait pour les experts une nette avancée dans les programmes de Pyongyang.

Sur un autre théâtre d'opération, un soldat américain a été tué samedi au cours d’une opération contre le groupe Etat Islamique en Afghanistan. Daech a d’ailleurs revendiqué plusieurs opérations ces derniers mois dans le pays.

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