Un sommet du G7 "le plus difficile depuis des années" en raison de l'attitude de Donald Trump

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PRÉSIDENCE - Les chefs d'Etat se sont réunis en Sicile pour le sommet du G7, rendez-vous qui s'annonce difficile en raison de la présence du président Donald Trump. Les dirigeants redoutent que les négociations soient ralenties par l'Américain élu à la tête du pays en janvier dernier.

La présence de Donald Trump au G7 ne semble pas ravir la communauté internationale. En effet, les déclarations toniturantes et la gestuelle musclée du chef d'Etat américain risquent de mettre à mal la cohésion du sommet qui s'est ouvert ce vendredi à Taormina, en Sicile. "Il n'y a aucun doute que ce sera le sommet du G7 le plus difficile depuis des années", a averti le président du Conseil européen Donald Tusk en référence au successeur de Barack Obama.


Les sujets de contentieux probables ? La lutte contre le réchauffement climatique et le commerce mondial. Les partenaires du G7 veulent surtout obtenir des clarifications de la position américaine sur plusieurs sujets. Mais vendredi en fin d'après-midi déjà, les Etats-Unis faisaient barrage : aucun accord sur le climat n'avait pu être conclu, Washington étant toujours en phase de "réflexion interne". 


Les sept chefs d'Etat et de gouvernement se sont retrouvés vendredi midi dans le majestueux théâtre grec de Taormina, petite station balnéaire sicilienne, pour une photo de famille au terme de laquelle Donald Trump a serré la main d'Angela Merkel. La gestuelle était scrutée avec attention après des fuites dans la presse sur des propos tonitruants qu'aurait tenus le président américain. "Les Allemands sont mauvais, très mauvais", a jugé Trump lors de sa rencontre jeudi à Bruxelles avec les dirigeants de l'Union européenne, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.  "Regardez les millions de voitures qu'ils vendent aux Etats-Unis. Horrible. Nous allons arrêter ça", aurait-il dit.

Donald Trump, auteur d'un livre sur... l'art de la négociation

De quoi refroidir l'ambiance de ce G7 censé réaffirmer la cohésion de ses membres, notamment sur le terrorisme, après l'attentat meurtrier qui a fait 22 morts ce mardi à Manchester. Jean-Claude Juncker et Donald Tusk ont de leur côté tenté de minimiser les propos de Donald Trump, sans toutefois totalement démentir les révélations du Spiegel. "Il n'est pas vrai que le président (Trump) a eu une approche agressive. C'est un problème de traduction. Il n'a pas dit que les Allemands se comportaient mal, il a dit qu'il y avait un problème. Ce n'était pas agressif", a déclaré le président de la Commission.


Pourtant, Donald Trump est un habitué des négociations. Dans les années 80, l'homme d'affaires à la tête de 3,5 milliards de dollars (soit 3,26 milliards d'euros) selon Forbes avait d'ailleurs publié le livre The Art of the Deal (ndlr : en français "L'Art de la négociation") où il dévoilait les secrets de sa réussite : anticiper toujours le pire, multiplier les options, garder les portes ouvertes le plus longtemps possible... Un best-seller sacré par le New York Times, dans lequel il décrivait les affaires les plus marquantes de son activité de promoteur immobilier et expliquait les éléments indispensables à toute négociation selon lui. Une stratégie qui ne pourrait cependant pas ravir les membres du G7.

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