Frappe meurtrière de la coalition en Syrie : l'armée américaine passe aux aveux

International
GUERRE - L'armée américaine a reconnu mercredi que 119 civils ont été tués par les frappes de la coalition internationale contre Daech, qu'elle dirige, depuis 2014. L'OSDH a imputé 20 victimes supplémentaires aux Etats-Unis.

L’hécatombe n'en finit pas de se poursuivre en Syrie. Vingt civils ont été tués mardi soir par des frappes de la coalition internationale, dirigée par Washington, a indiqué ce jeudi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).  Les bombardements ont visé la ville d'al-Hicha, aux alentours de Raqqa, bastion de Daech en Syrie, dont la bataille a été engagée par les forces de la coalition internationale la semaine dernière. 

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Selon l'OSDH, neuf femmes et deux enfants figurent parmi ces victimes, et au moins 32 personnes ont été blessées par ces frappes. "La coalition confirme qu'elle a mené des frappes dans le secteur", a déclaré le colonel américain John Dorrian, un porte-parole de la coalition. "Cependant, des informations spécifiques sont nécessaires pour déterminer si la coalition est responsable" des frappes ayant conduit à la mort de civils, a-t-il ajouté. Une enquête devrait être menée. 

L’aveu américain

Les Etats-Unis ont déjà reconnu mercredi que les bombardements américains en Irak et en Syrie contre Daech ont tué 119 civils depuis le début de leur campagne de frappes en 2014, selon un nouveau décompte diffusé par l'armée américaine. Washington ne reconnaît les victimes civiles de ses bombardements qu'après des enquêtes généralement assez longues.


Plusieurs ONG font ainsi état d'un bilan beaucoup plus noir : l'organisation Airwars basée à Londres estime que les bombes de la coalition ont tué en réalité 1.787 civils en Irak et Syrie depuis 2014.  Amnesty International chiffre de son côté à au moins 300 le nombre de victimes civiles de la coalition pour la seule Syrie depuis le début des frappes. 

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Selon le commandement militaire américain, les frappes en cause respectaient les lois de la guerre, et "des précautions avaient été prises" pour éviter les victimes civiles. Il n'y aura donc pas de poursuites ou d'enquêtes supplémentaires. Les Etats-Unis sont accusés de minorer le nombre de victimes civiles dans leurs bombardements, mais d’autres parties prenantes du conflit, comme le régime de Damas et la Russie, sont également pointées du doigt. 

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