Impeachment : Trump refuse de coopérer "enquête partisane et anticonstitutionnelle" du congrès

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IMPEACHMENT - Donald Trump s’est (enfin) clairement positionné mardi par rapport à l’enquête actuellement menée à son encontre par des élus démocrates de la Chambre des représentants. Le président américain, menacé de destitution via ces investigations, refuse tout bonnement de coopérer. L’ambiance se tend donc sérieusement outre-Atlantique.

Huit pages. C’est dans une lettre de huit pages envoyée à Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, que Pat Cipollone, l'avocat de la présidence, explique et détaille la position officielle de Donald Trump, menacé par une procédure de destitution. De façon globale, le président des Etats-Unis a choisi l’affrontement avec le Congrès puisqu’il refuse tout simplement de coopérer.

Pour le locataire de la Maison Blanche, les investigations en cours ne sont ni légitimes, ni impartiales. "Pour faire simple, écrit Cipollone, vous essayez d'annuler les résultats de l'élection de 2016 et de priver les Américains du président qu'ils ont librement choisi. Dans ces circonstances, le président Trump et son administration ne peuvent participer à votre enquête partisane et anticonstitutionnelle."

L'entrave à la justice, pas forcément la bonne attitude...

Alors que les élus démocrates de la Chambre des représentants ont lancé des investigations et provoqué des auditions afin de savoir si Donald Trump, via un coup de téléphone, a fait pression sur le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky pour que celui-ci trouve des éléments compromettants contre Joe Biden, son adversaire très probable pour la prochaine présidentielle, le chef de l’exécutif US a probablement opté pour la stratégie la plus risquée.

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En effet provoquer cette guerre ouverte avec le Congrès pourrait, là encore, se retourner contre lui. Aux Etats-Unis, empêcher le Congrès d’avancer dans une enquête peut constituer une entrave à la justice, comme l’ont d’ailleurs rappelé les démocrates eux-mêmes. L’entrave à la justice avait d’ailleurs été l’un des trois motifs retenus contre le président Nixon pour lancer une procédure de destitution en 1974.

Un abus de pouvoir- Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants

Ce courrier de Pat Cipollone adressé à Nancy Pelosi est arrivé quelques heures après l'annonce de la décision d'empêcher l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne de témoigner devant les élus. Acteur-clé de l’affaire ukrainienne, Gordon Sondland s’était déplacé volontairement à Bruxelles pour répondre aux questions mais a donc été interdit de le faire par Trump, qui a qualifié les auditions du Congrès de "tribunal bidon". C'est "un abus de pouvoir" et une "tentative illégale de dissimuler les fait", a rapidement dénoncé Nancy Pelosi.

De leur côté, les chefs démocrates des commissions chargées des investigations ont regretté l’attitude de la Maison Blanche, affirmant que le président, en agissant ainsi, tente "de freiner et d'entraver l'enquête". Mardi soir, ils lui ont donc adressé une injonction exigent que Gordon Sondland témoigne le 16 octobre et présente des documents que le département d'Etat refuse de livrer. Joe Biden, lui, a simplement rappelé que "le président Trump doit arrêter de faire obstruction au Congrès." Pas sûr qu’un conseil donné par Biden soit suivi de beaucoup d’effet dans le camp Trump…

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