Une immigrée clandestine révèle qu’elle fait le ménage chez Donald Trump depuis cinq ans

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FAITES CE QUE JE DIS... – Donald Trump, qui mène une politique migratoire particulièrement stricte, fait travailler plusieurs sans-papiers dans le club de golf de Bedminster (New Jersey). L’une d’entre eux, Victorina Morales, qui fait le ménage dans la villa du président des États-Unis, témoigne.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ? Force est en tout cas de constater que Donald Trump, instigateur du muslim ban, de l’expulsion de nombreux bi-nationaux et de plusieurs autres mesures visant à mettre fin à l’immigration clandestine, au nom de "la sécurité des États-Unis", n’applique pas à sa holding, la Trump Organization, ce qu’il applique au pays qu’il dirige. 

Ce vendredi, The New York Times publie en effet le témoignage de Victorina Morales, une femme de ménage d’origine guatémaltèque âgée de 45 ans, immigrée clandestine, qui travaille malgré cela depuis cinq ans dans le club de golf de Bedminster (New Jersey), appartenant au groupe de Donald Trump, et même dans la villa que possède et où réside le président américain quand il s’y rend.

Elle affirme avoir reconnu dès son entretien d’embauche que ses papiers étaient des faux, et que cela ne l’avait pas empêché de décrocher cet emploi. Selon elle, plusieurs autres immigrés clandestins travaillent ainsi dans ce golf. Elle ajoute que Donald Trump l’a toujours très correctement traitée, et qu’il est un employeur offrant de généreux pourboires.

Nous nous mettons en quatre pour satisfaire tous ses besoins et nous devons supporter qu’il nous humilie.Victorina Morales à propos de Donald Trump

Pourquoi, alors, avoir décidé de témoigner à visage découvert ? À cause de récentes remarques racistes d’un de ses supérieurs, ayant fait office de déclencheur, explique-t-elle. Mais ce n’est pas tout. "Nous sommes fatigués des abus, des insultes, de la manière dont il (Donald Trump) parle de nous alors qu’il sait que nous l’aidons à gagner de l’argent. Nous nous mettons en quatre pour satisfaire tous ses besoins et nous devons supporter qu’il nous humilie", assène-t-elle.

De son côté, la Trump Organization dément, auprès de l'AFP, avoir sciemment embauché des travailleurs sans-papiers, et prévient que "les employés ayant produit de faux documents seront immédiatement licenciés"... De toute manière, Victorina Morales précise bien, dans son entretien au quotidien new-yorkais, qu’elle s’attend, après de telles révélations, à perdre son emploi. Elle gagne, dans ce golf, 13 dollars de l’heure.

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