Une jeune journaliste colombienne abattue sous l'œil d'une caméra

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MEURTRE - Flor Alba Núñez avait reçu des menaces après une enquête sur le crime organisé. Elle a été tuée jeudi dernier d'une balle dans la tête, devant une caméra de vidéo-surveillance, alors qu'elle pénétrait dans les locaux de sa station de radio.

Les images de son assassinat font froid dans le dos. Et rappellent immanquablement, même si le contexte n'a absolument rien à voir, le récent meurtre en direct sur une télévision locale de deux journalistes américains. Des médias du monde entier diffusent depuis quelques jours la vidéo, que nous avons choisi de ne pas montrer ici, de la mort filmée par une caméra de surveillance de la journaliste colombienne Flor Alba Núñez. Suivie par un homme casqué au moment où elle entrait dans les locaux la station de radio Preferida FM, où elle animait une émission quotidienne, la jeune femme de 25 ans a été froidement abattue d'une balle dans la tête par un homme qui a ensuite tranquillement rejoint son complice à moto.

Plusieurs hypothèses pour son assassinat

Après ce drame, qui s'est déroulé dans la ville de Pitalito, dans le sud-ouest de pays, le gouvernement colombien a offert 100 millions de pesos (29.000 euros) de récompense pour toute information menant à la capture du tireur. Mais le responsable du bureau Amérique latine pour Reporters sans frontières, Emmanuel Colombié, souligne sur le site de l'ONG que "c’est déjà le troisième assassinat de journaliste cette année en Colombie". "Les menaces proférées à l’encontre des journalistes sur Internet et sur les réseaux sociaux ne sont pas prises au sérieux par les autorités", poursuit-il, alors qu'elles sont "quotidiennes et peuvent mener à ce genre de drame".

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De son côté la Fondation pour la liberté de la presse (Flip) relaie plusieurs hypothèses à propos de l'enquête sur ce meurtre. Flor Alba Nunez, qui collaborait à plusieurs journaux et chaînes de télévision parallèlement à ses émissions de radio, avait en particulier enquêté sur le crime organisé dans la région de Pitalito, et publié les photos de membres d'un gang. L'assassinat de la journaliste, qui avait récemment reçu des menaces de mort sur Facebook, pourrait aussi être liée d'après la Flip à la campagne en cours pour les élections régionales et municipales qui auront lieu le 25 octobre.

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