Une longue semaine dans les glaces de l'Antarctique

Une longue semaine dans les glaces de l'Antarctique

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FAIT DIVERS – Les passagers d'un navire russe bloqué pendant une semaine dans les glaces de l'Antarctique ont finalement pu être évacués ce jeudi. Retour sur une expédition des plus éprouvantes.

C'est la fin d'une galère. Les 52 passagers du MV Akademik Chokalskiï, navire russe bloqué dans les glaces de l'Antarctique depuis Noël, ont finalement pu être évacués ce jeudi sur un bateau australien. Ce sont les autorités australiennes de secours en mer (Amsa) qui ont annoncé la nouvelle sur Twitter .

C'est grâce à un hélicoptère chinois et à une météo plus clémente que l'évacuation a pu se produire. L'appareil, basé sur le brise-glace chinois Xue Long, a effectué plusieurs rotations de quarante-cinq minutes entre le MV Akademik Chokalskiï et le navire australien. Les passagers ont été transportés par groupe de douze et déposés sur un îlot de glace à proximité de l'Aurora australis avant de pouvoir monter à bord.

Chris Turner, le chef de cette expédition scientifique comprenant des chercheurs, des étudiants, des touristes et des journalistes, a confirmé sur Twitter que tout le monde était arrivé "sain et sauf à bord de l'Aurora Australis" et a tenu à remercier les secours. En revanche, les 22 membres d'équipage sont restés à bord avec d'importantes réserves de nourriture, en attendant que les glaces libèrent le navire.

Retour vers le futur

L'Akademik Chokalskiï avait quitté le port de Bluff dans le sud de la Nouvelle-Zélande, le 27 novembre. L'objectif était de revivre l'expédition menée dans l'Antarctique entre 1911 et 1914 par l'Australien sir Douglas Mawson. Des mesures similaires à celles du siècle précédent devaient ainsi être réalisées pour identifier les changements environnementaux qui affectent l'extrême sud de la planète.

Les premières semaines, l'expédition s'est déroulée de façon optimale avec des observations de baleines, d'icebergs, de manchots Adélie et même du camping sur la banquise de l'Antarctique. 

 

Mais la veille de Noël, le rêve a tourné au cauchemar. Brusquement, le navire s'est retrouvé piégé dans les glaces à environ 180 kilomètres à l'est de la base française Dumont d'Urville, dans une zone où d'habitude, à cette époque, il est aisé de naviguer.

Un brise-glace français à la rescousse

Plusieurs tentatives sont alors mises sur pied pour secourir les naufragés. En vain. La banquise trop épaisse résiste aux assauts des brise-glace, dont l'Astrolabe français et le Xue Long. Lundi, c'est l'Aurora Australis qui a été obligé de faire demi-tour pour cause de mauvais temps. Enfin mercredi, une évacuation par hélicoptère a dû être abandonnée en raison de vents violents et de fortes pluies.

En attendant, les passagers ont pris leur mal en patience en jouant aux cartes, en observant les manchots sur la banquise, ou mieux, en se filmant en train de chanter à l'occasion du réveillon de la Saint-Sylvestre. Une vidéo qui a d'ailleurs été diffusée sur grand écran sur Times Square à New York. 

 
Alok Jha, journaliste embarqué du Guardian , indiquait que l'ambiance était morose mais optimiste et que chacun cherchait à se tenir occupé. "S'il y a de l'inquiétude ou de la colère, je ne les ai pas vues, écrivait-il dans un courriel. J'imagine que certains ont eu en privé des moments d'anxiété ou de frustration, mais il n'y a pas de sentiment de peur. Personne ne semble effrayé."
 
Encore plusieurs semaines de navigation
 
Et finalement, la délivrance est venue du ciel jeudi. Elle a pris l'apparence peu banale d'un imposant hélicoptère chinois. Les passagers naufragés ne sont néanmoins pas près de rentrer au bercail puisqu'ils en ont encore pour plusieurs semaines de navigation. L'Aurora australis doit en effet faire escale à la base antarctique australienne de Casey pour faire le plein de carburant. Au final, une odyssée que n'aurait pas renié Ulysse. 

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