Une mission européenne à la recherche d'exoplanètes… habitables ?

Une mission européenne à la recherche d'exoplanètes… habitables ?

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ESPACE - L'Agence spatiale européenne (ESA) vient d'annoncer qu'elle avait choisi la mission PLATO pour explorer et détecter des milliers d'exoplanètes à travers l'univers. Et plus précisément, celles qui sont potentiellement habitables ou en "zone d'habitabilité".

Et si, dans l'univers, une planète semblable à la Terre réunissait toutes les conditions requises pour abriter la vie ? L'éternelle question qui agite l'imaginaire collectif, et surtout, celui de la communauté scientifique. En 2024, une mission spatiale partira de Kourou, en Guyane, pour tenter de débusquer dans les tréfonds de l'espace ces planètes, appelées exoplanètes car situées en dehors de notre système solaire. Elle sera financée par l'Agence spatiale européenne (ESA), qui a annoncé, mercredi, avoir choisi la mission PLATO (pour PLAnetary Transits and Oscillations of stars) pour accomplir cette tâche. "Grâce à ses 34 petits télescopes et caméras, PLATO recherchera des planètes orbitant autour d'un million d'étoiles dispersées à travers la moitié du ciel", a indiqué l'ESA dans un communiqué.

La mission, prévue pour durer six ans, et dotée d'un budget de 600 millions d'euros, s'attachera particulièrement à repérer et caractériser des planètes de la même taille que la Terre, ainsi que des "super-Terres", des planètes situées dans la "zone d'habitabilité" de leur étoile hôte, c'est-à-dire à une distance telle que de l'eau peut exister à l'état liquide à la surface de la planète. Pour identifier ces exoplanètes, PLATO se placera en orbite à 1,5 million de kilomètres de la Terre, à l'opposé du Soleil, et détectera les infimes variations de luminosité qui se produisent lorsqu'une planète passe devant son étoile. Grâce à sa précision et sa puissance d'observation, la mission sera capable de surveiller près d'un million d'étoiles, et pourra déterminer les caractéristiques de 85.000 d'entre elles.

Revoir le champ des possibles

Avec, à la clé, la découverte d'une vie extraterrestre ? Rien n'est moins sûr, tant nos connaissances en matière "d'habitabilité" sont limitées. Comme le rappelle une étude publiée fin janvier dans la revue Astrobiology et relayée par le blog du Monde.fr . "Pour être habitable, un monde (planète ou lune) n’a pas besoin de se situer dans la zone d’habitabilité d’une étoile. De même, un monde circulant dans cette zone d’habitabilité n’est pas nécessairement habitable", écrivent les astrophysiciens René Heller (de l'Université d'Hamilton, dans l'Ontario, au Canada) et John Armstrong (de la Weber State University dans l'Utah, aux Etats-Unis).

En clair, ils induisent l'idée que, potentiellement, des découvertes de vie extraterrestre à venir pourraient profondément bouleverser la notion "d'habitabilité". Ils invitent aussi à ne pas faire la confusion entre "zone d'habitabilité" et "planète habitable", cette dernière notion étant principalement évaluée sur des critères principalement terrestres. Redéfinir ces deux notions reviendrait alors à revoir le champ des possibles en la matière. Et notre imagination de voguer, encore et encore, de galaxies en galaxies.

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