Une ONG propose aux Mexicaines d'avorter gratuitement dans les eaux internationales

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DROIT – L’ONG néerlandaise Women on Waves a accosté son voilier près des côtes mexicaines jusqu’à la fin du mois. Elle propose d’aider les femmes qui souhaitent avorter à le faire dans les eaux internationales, pour contourner une législation jugée trop restrictive.

L’avortement n’est pas un droit acquis dans tous les pays. Au Mexique, par exemple, il n’est pas légal dans tous les Etats et lorsqu’il l’est, ce n’est que sous certaines conditions. Il est ainsi plus facile pour une femme d’avorter à Mexico qu’ailleurs et les risques de complications sont moins grands. Ils ne s’élèvent qu’à 0,68% dans la capitale contre 36% dans le reste du pays, où les femmes doivent avorter en toute clandestinité. C’est pourquoi l’ONG néerlandaise Women Waves a décidé d’agir.

Mercredi, l’association a amarré son bateau dans le port d’Ixtapa, dans le sud-ouest du Mexique. Elle pourra ainsi accueillir jusqu’à la fin du mois d’avril des femmes qui souhaitent avorter. Pour limiter les risques, les médecins de l’ONG ne procèdent que par voie médicamenteuse. Les Mexicaines doivent donc être enceintes de moins de neuf semaines.

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L’accès à un avortement est une question de justice sociale "- Rebecca Gomperst

Mais comme la pratique est illégale dans l’Etat, l’ONG doit ruser. Le bateau prévoit de lever l’ancre pour réaliser les examens médicaux dans les eaux internationales. 

Un contournement des règles qui se justifie amplement, selon l'organisation. "Face au virus Zika, qui cause des malformations des fœtus, la réaction du gouvernement n’est pas acceptable", explique Rebecca Gomperst, la présidente de l’ONG. Sans compter les grossesses issues d’un viol. En clair, "l’accès à un avortement est une question de justice sociale", précise-t-elle encore. Même si pour cela, il faut transgresser certaines règles. 

Ce n’est pas la première fois que l’association mène ce type d’action. Le bateau est notamment passé par le Portugal, l’Espagne, le Maroc ou encore l’Irlande et l’accueil n’est pas toujours des plus chaleureux. De passage au Guatemala, en février dernier, le bateau dû prendre le large… sous escorte militaire.

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