Une orque refuse de laisser couler son nourrisson mort-né et le porte pendant 17 jours

Une orque refuse de laisser couler son nourrisson mort-né et le porte pendant 17 jours

NATURE - Une femelle orque a poussé le cadavre de son bébé mort-né sur près de 2000 kilomètres, pendant dix-sept jours, refusant de le laisser. Un drame qui alerte sur le déclin de la population des cétacés. Menacés par le manque de nourriture, aucun bébé n'a survécu depuis trois ans dans ce groupe d'orques.

Le triste périple de l’orque baptisée "J35" entre l’Etat de Washington et la ville de Vancouver s’est achevé dans l’océan Pacifique samedi 11 août. Après avoir passé 17 jours, accompagné par les femelles de son groupe, à pousser le corps de son nourrisson sans vie à la surface de l’eau, le cétacé s’est finalement résigné à laisser couler le cadavre. 

Suivie de près par le Center for Whale Research (CWR), l’orque "J35", aussi appelée Tahlequah, a depuis retrouvé son groupe et une activité normale. Elle a "vigoureusement chassé des saumons avec ses congénères" et son comportement est "remarquablement vif", a indiqué l’organisme ce week-end. 

Aucun bébé orque n'a survécu au sein du groupe depuis 3 ans

Ce comportement de deuil, répandu chez les orques, est particulièrement long. Il ne dure en général qu’un ou deux jours. "Ces trois dernières années, pas un bébé orque n'a survécu au sein de ce groupe", s'alarme Emmanuelle Sultani, porte-parole de l'association C'EST ASSEZ ! pour la région Provence. "Il ne reste que 75 individus ". 

Outre un "habitat contaminé par toutes sortes de métaux lourds", la porte-parole pointe du doigt les barrages canadiens sur la Snake river, qui "stoppent l'accès à l'océan des saumons royaux" , principale nourriture des orques. l "Les orques résidentes de cette région souffrent de la faim. L'une d'elles est tellement maigre qu'on peut voir la morphologie de son crâne".

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Rendre aux orques un habitat viable- Emmanuelle Sultani

"Elle a porté son bébé pendant 17 jours, sur 1000 miles, sans s'arrêter pour prendre du repos ou s'alimenter", insiste Emmanuelle Sultani. "Une fois de plus, cela montre l'empathie développée chez les animaux". La militante espère que cette tragique histoire va accélérer la prise de conscience sur la condition animale, "déjà bien présente sur les réseaux sociaux". 

Si l'espèce des orques n'est pas menacée d'extinction, celles du groupe de "J35" le sont. L'association "C'EST ASSEZ" est vent debout contre le projet canadien d'installer un pipeline et de permettre le passage de 400 pétroliers par an sur la zone habitable des orques dans le Pacifique. "Cela réduirait encore plus l'habitat, et rendrait plus fréquents les accidents avec les cétacés", alerte Emmanuelle Sultani, qui veut "rendre aux orques un habitat viable".

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