Une semaine après le drame de Charleston, l'interview confession d'Obama

Une semaine après le drame de Charleston, l'interview confession d'Obama

ETATS UNIS - Dans un entretien au ton parfois très personnel, le premier président noir des Etats-Unis a longuement abordé la question sensible du racisme.

C’est une interview très personnelle que Barack Obama a accordé, lundi soir, à la télévision américaine. Quelques jours après la fusillade de Charleston dans laquelle neuf Noirs ont perdu la vie, le président des Etats-Unis a dénoncé les tenaces divisions raciales qui demeurent au sein de la société américaine. Sans hésiter à prononcer le mot "nègre" pour mieux appuyer sa démonstration.

"L'héritage de l'esclavage, des lois (de ségrégation raciale) Jim Crow, de la discrimination dans presque tous les compartiments de nos vies, cela a eu un impact durable et cela fait toujours partie de notre ADN", a expliqué Obama dans l'émission radio "WTF with Marc Maron", enregistrée vendredi à Los Angeles – deux jours après la fusillade sanglante – mais diffusée lundi matin. "Les sociétés n'effacent pas complètement, du jour au lendemain, ce qui s'est passé 200 ou 300 ans plus tôt", a-t-il poursuivi.

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"Le racisme est un problème que ce pays ne peut se permettre d'ignorer"

Et le président américain d'insister : "Il ne s'agit pas seulement de ne pas dire ‘nègre’ en public parce que c'est impoli, ce n'est pas à cela que l'on mesure si le racisme existe toujours ou pas". Preuve du caractère extrêmement insultant de ce mot – que certaines télévisions américaines ont décidé de censurer lors de la diffusion de ce passage – le porte-parole de la Maison Blanche a été longuement interrogé sur le sujet. Reconnaissant que c'était la première fois que Barack Obama l'utilisait lors d'une entretien (il l'avait en revanche écrit dans l'un de ses livres), Josh Earnest a expliqué que le président ne regrettait aucunement de l'avoir prononcé et avait voulu insister sur la nécessité d'un débat en profondeur.

Durant la campagne de 2008, Barack Obama avait abordé frontalement la question des relations entre Noirs et Blancs lors d'un discours à Philadelphie (est), après une controverse sur des propos incendiaires de son ancien pasteur Jeremiah Wright. "Le racisme est un problème que ce pays ne peut se permettre d'ignorer", avait-il lancé. Mais depuis son arrivée à la Maison Blanche, il a souvent fait preuve d'une grande prudence sur ce thème, certains de ses partisans déplorant régulièrement l'absence d'une réaction plus forte – et plus personnelle – à chaque fois qu'un incident faisait resurgir le spectre du racisme.

C’est peut-être la raison pour laquelle dans l'entretien diffusé lundi, le président né d'une mère américaine et d'un père kényan a évoqué son enfance et son rapport à sa couleur de peau. Il a en effet raconté comment il a appris à se positionner "comme Africain-Américain mais aussi comme quelqu'un qui revendique le côté blanc de sa famille". "J'essayais de comprendre comment j'étais vu et perçu en tant qu'homme noir aux Etats-Unis". Peu après la diffusion de l’entretien, le président est passé de la parole aux actes : la Maison Blanche a annoncé que le président se rendra vendredi à Charleston, en Caroline du Sud, pour prononcer l'éloge funèbre du pasteur Clementa Pinckney, abattu avec huit paroissiens d'une église noire mercredi par un jeune suprémaciste blanc de 21 ans.

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