"Une solution définitive" : un élu allemand reprend un vocabulaire proche de celui des nazis pour parler des migrants

"Une solution définitive" : un élu allemand reprend un vocabulaire proche de celui des nazis pour parler des migrants

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POLÉMIQUE - Un député européen élu du parti conservateur bavarois, Manfred Weber, a suscité une l'émoi en Allemagne en affirmant qu'il fallait trouver "une solution définitive à la question migratoire". Un vocabulaire proche de celui employé par les nazis lors de l'extermination des Juifs, durant la Seconde Guerre mondiale.

Heureusement, il ne pensait pas à mal. C'est en tout cas ce qu'a affirmé le président du Parti populaire européen (PPE, la droite allemande), principal groupe politique au Parlement européen, Manfred Weber, après ses propos polémiques. Assurant n'avoir eu aucune "intention malveillante". "En 2018, le thème central européen est la solution définitive de la question migratoire", a-t-il jugé samedi, sur les ondes de la radio publique bavaroise. Et Manfred Weber d'ajouter : "Nous avons besoin de réponses légales au niveau européen".

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Largement de quoi être immédiatement accusé dans son pays de recourir à un vocabulaire proche de celui des nazis. En effet, la "solution finale" ("Endlösung" en allemand) fut le terme repris par le régime d'Adolf Hitler pour exterminer six millions de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. L'élu n'a pas eu recours à ce terme de "Endlösung" en allemand mais utilisé l'expression "finale Lösung" qui s'en rapproche très fortement. 

Le terrible souvenir de "la solution finale" d'Adolf Hitler

Il tentait dans ces propos de défendre la participation controversée du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, à une réunion importante des responsables de l'Union chrétienne-sociale (CSU) qui s'est tenue jeudi et vendredi en Bavière. "Nous devons la résoudre (la question migratoire, ndlr) et si nous voulons la résoudre, Viktor Orban, les Etats du groupe de Visegrad, sont des partenaires centraux", a-t-il ainsi justifié.

Plus tard, face aux critiques et protestations qui ont vu le jour sur les réseaux sociaux, il a assuré sur Twitter ne "pas avoir eu la moindre intention" d'employer à dessein un tel vocabulaire connoté. Ce serait "un non-sens absolu" de lui prêter une telle intention, selon lui. La CSU, parti frère de la formation conservatrice de la chancelière Angela Merkel, a mis le cap à droite sur la question migratoire, pour tenter de reprendre des voix abandonnées à l'extrême-droite depuis l'arrivée en 2015 et 2016 de plus d'un million de réfugiés. 

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