Une traductrice du FBI part se marier en Syrie avec le djihadiste sur lequel elle enquêtait

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HALLUCINANT - Il y a deux ans, une employée du FBI s'est secrètement envolée pour se marier avec un combattant de l'EI. Prise de remords, elle est rapidement revenue sur sa décision avant de se faire arrêter à son retour aux Etats-Unis.

C’est une histoire embarrassante révélée par CNN dont le FBI se serait bien passé. Ce mardi, la chaîne américaine nous apprend qu’une traductrice du FBI avec une autorisation de niveau top-secret s’est rendu en Syrie pour se marier avec un djihadiste de l’Etat islamique (EI) sur lequel elle enquêtait.

Une idylle de quelques mois qui se finit en mariage

Cette saga rocambolesque commence en janvier 2014 lorsque Daniella Greene, 38 ans, commence à enquêter sur le cas de Denis Cuppert, un rappeur allemand devenu combattant de Daech. Denis Cuppert est connu en Allemagne sous son nom de rappeur, Deso Dogg. Après un grave accident en 2010, l’homme s’était converti à l’islam avant de se rendre en Syrie en 2013. Ayant rejoint les rangs de l’EI, il devient un porte-parole et recruteur influent de l’organisation terroriste.


Après plusieurs mois de surveillance, pendant lesquels elle découvre trois comptes Skype, plusieurs comptes mail et des numéros de téléphones au nom de Denis Cuppert, devenu Abu Talha al-Almani (ndlr : son nom de djihadiste), Daniella Greene décide de prendre des vacances pour "aller voir sa famille en Allemagne", comme elle l'indique à sa hiérarchie. En réalité, la traductrice, toujours mariée à un soldat américain à l’époque, prend un vol le 23 juin 2014 en direction d’Istanbul, en Turquie. Depuis Istanbul, elle rejoint Gaziantep, une ville à la frontière turco-syrienne, pour enfin passer côté syrien. Dès lors, elle se marie rapidement à Abu Talha al-Almani aka Deso Dogg aka Denis Cuppert.

"J’ai vraiment fait n’importe quoi"

Seulement deux semaines après son mariage, elle contacte un proche aux USA depuis la Syrie pour lui faire part de ses doutes quant à sa décision, selon un rapport de justice consulté par CNN. "J’étais faible et je ne savais plus comment gérer", confie-t-elle. "Je suis partie et je ne peux plus revenir. Je ne sais même pas comment je pourrais faire si j'essayais. Les conditions sont très dures ici et je ne sais pas combien de temps je vais tenir, mais ce n'est pas grave, c'est un peu trop tard maintenant", écrit-elle dans un second mail.


Après un mois en Syrie, la traductrice parvient à s’enfuir du pays et à rentrer aux États-Unis, le 8 août 2014. Dès son arrivée, elle est arrêtée et placée en détention. Après plusieurs mois de coopération avec la justice, elle est finalement jugée en décembre 2014. Daniella Greene plaide coupable et se fait condamner à deux ans de prison. Elle est relâchée à l’été 2016.

Une histoire "extrêmement embarrassante pour le FBI"

"C'est une histoire extrêmement embarrassante pour le FBI, sans aucun doute", a indiqué John Kirby, un ancien responsable du département d'État américain à CNN. Pour une agence qui traque les djihadistes aux États-Unis et à l’étranger, voir un des siens se marier à un combattant de l’EI n’est pas très bon pour son image.


Mais c’est surtout sa peine de prison qui interroge outre-Atlantique. La traductrice a "mis en danger la sécurité nationale", un fait généralement très sévèrement puni aux Etats-Unis. En effet, la peine de prison moyenne d’une personne accusée d’être "en relation avec une entreprise terroriste" est de 13 ans et demi, note CNN. Pourtant, Danielle Greene n’a écopé que de deux ans de prison. A-t-elle donné des informations extrêmement importantes qui lui ont permis d’obtenir une remise de peine ? Le mystère reste entier.

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