Une version "raciste de Sex and the City" choque les femmes noires au Brésil

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TELEVISION - Les femmes afro-brésiliennes ont organisé des manifestations, afin d’interdire la diffusion de l’adaptation brésilienne de la série "Sex and the City" qu’elles jugent "raciste et dégradante". Le producteur de son côté, ni en bloc toutes ces accusations.

Carrie Bradshaw et ses copines risquent de ne pas se reconnaître dans Sexo e as Negas , l'équivalent brésilien de Sex and the City. La série diffusée sur Globo , l’une des plus grandes chaînes de télévision au Brésil, met en scène un groupe de copines afro-brésiliennes. Mais les clichés que diffuse la série choquent les afro-brésiliennes qui ont organisé des manifestations à travers le pays, demandant sa suppression.

Si la série américaine a fait de la liberté sexuelle des femmes un thème emblématique, cette nouvelle variante "dénigre les femmes noires à coups de stéréotypes racistes" estiment ces manifestantes. "Nous sommes des reines, respectez nous", diffusent-elles sur Internet.

Des hashtags pour contester

Sur les réseaux sociaux, ce sont les femmes de Blogueiras Negras (les bloggeuses noires) qui ont pris la tête du mouvement. Pour diffuser leur message, elles utilisent plusieurs hashtags sur les réseaux sociaux comme #AsNegasReal (les vraies noires) ou #sexoeasnegasnaomerepresenta ("Sexo e as negas" ne me représente pas).

"Au Brésil, il y a une expression très connue à propos des femmes noires et du sexe. C’est : ‘On se marie avec les femmes blanches, on couche avec les Métisses et on fait travailler les Noires’. C'est une façon de reléguer la femme noire en bas de l’échelle sociale", confiait une des "bloggeuses noires".

"L’idée m’est venue d’une amie noire"

Autre différence avec la série originale, les quatre actrices noires ne narrent pas elles mêmes leurs propres histoires. C’est une femme blanche qui les observe et qui en est la narratrice. De plus, la série distingue clairement "l’amour romantique" et "le sexe". Le premier est l’apanage des femmes blanches alors que le second est la "destiné" des femmes noires.

Miguel Falabella, le producteur et auteur de la série, a de son côté nié en bloc les accusations de racisme dont il est la cible, expliquant que l’idée du programme était venue de l'une de ses amies noires. Sur sa page Facebook, il a répondu aux critiques en écrivant notamment : "Je ne vois pas où je dévalorise quiconque dans cette série : ces femmes sont noires et pauvres, mais pleines de fantaisie et d’amour".

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