Vague d'indignation après l'instauration de la lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère par le Brunei

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ASIE - Après avoir annoncé une mise en place progressive de la charia en 2013, le sultanat de Brunei a franchi une nouvelle étape en instaurant la lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère, dans son nouveau code pénal. Une annonce qui a indigné le monde entier, associations, célébrités et ONG.

C'est une nouvelle qui a provoqué l'effroi dans le monde entier. Ce mercredi, le petit Etat de Brunei, connu pour ses mesures rigoristes, a instauré mercredi la peine de mort par lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère. Cette nouvelle législation, a suscité une vague d'indignation de toute part, à la fois d'ONG, de personnalités et de gouvernements. 


Riche en hydrocarbures et situé sur l'île de Borneo, le pays, dirigé par le sultan Hassanal Bolkiah, devient le premier pays d'Asie du Sud-Est à appliquer au niveau national un code pénal suivant la charia la plus stricte, à l'instar de l'Arabie saoudite. Outre la lapidation, le nouveau code de Brunei prévoit également l'amputation d'une main ou d'un pied pour les voleurs, alors que le viol et l'insulte au prophète Mahomet sont passibles de la peine de mort. Certains articles du code, comme la lapidation pour homosexualité, s'appliquent aux musulmans comme aux non-musulmans.

L'ONU dénonce des peines "cruelles et inhumaines"

Après l'annonce de l'instauration de la lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère, l'ONU s'est indigné de cette décision, dénonçant des "peines cruelles et inhumaines". L'acteur américain George Clooney, soutenu par le chanteur britannique Elton John, avait mis la lumière sur ce sujet en lançant un appel au boycott de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei. Des élus de Los Angeles, hébergeant deux de ces complexes, ont également fait entendre leurs voix.


"Je veux voir les enseignements de l'islam dans ce pays se renforcer",  a déclaré le sultan Bolkiah, à la tête du pays depuis 1967, tout en ne mentionnant pas officiellement l'instauration des nouvelles lois, dans un discours prononcé ce mercredi. Ainsi, dans ce nouveau code voulant un islam plus fort, l'appel à la prière doit se faire entendre dans tous les lieux publics, pas  uniquement dans les mosquées, "pour rappeler les croyants à leurs devoirs".

L'application de la charia en 2013 déjà fortement contestée

Phil Robertson, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch, estime que  le texte est "barbare dans son essence" et "impose des punitions archaïques pour des actes qui ne devraient même pas être considérés comme des crimes". L'Union européenne a qualifié certains aspects de la législation de "torture" ou "d'actes cruels, inhumains et dégradants".  Le ministère des Affaires étrangères français a quant à lui appelé le sultan à "renoncer à ce projet et à maintenir son moratoire de fait des exécutions  capitales depuis 1957".


En 2013, le sultan avait annoncé l'application progressive de la charia, provoquant un vent d'indignation et un appel au boycott de la part de nombreuses célébrités, tels que Richard Branson et Ellen DeGeneres.

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