Vatican : les évêques qui ont protégé les prêtres pédophiles seront jugés

Vatican : les évêques qui ont protégé les prêtres pédophiles seront jugés

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SANCTION - Une "nouvelle instance judiciaire" va être mise en place par le pape François, pour juger les évêques coupables d’avoir protégé les prêtres pédophiles, en refusant notamment d’écouter les plaintes des victimes, selon le porte-parole du Saint-Siège mercredi.

Le pape François continue de montrer soin intransigeance à l’égard des prêtres pédophiles. Désormais, les évêques qui ont protégé ces prêtres coupables d’actes de pédophilie pourront être jugés par une nouvelle instance judiciaire qui vient d’être créée au Vatican. La nouvelle a été officialisée mercredi par le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi.

Les évêques – qui sont plus de 5.000 dans le monde – pourront être jugés en cas de "manquement à leur devoir professionnel", en vertu du droit canon, par cette "nouvelle instance judiciaire à l'intérieur de la Congrégation pour la doctrine de la foi" (CDF), chargée au Vatican de veiller dans l'Eglise entière au respect du droit canon.

Le double scandale des prêtres pédophiles

Le pape a ordonné la nomination de personnel supplémentaire pour ces nouvelles fonctions, et a prévu une période de cinq ans pour évaluer "l'efficacité" du nouveau dispositif. Ce personnel "pourra aussi être employé pour les procès pénaux dans des cas d'abus de mineurs et d'adultes vulnérables (handicapés) de la part du clergé", a précisé le Vatican. Des associations d'anciennes victimes de prêtres pédophiles réclamaient depuis longtemps que le fait pour un évêque d'avoir couvert des abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres de son diocèse soit un délit reconnu et puni par le Vatican.

Condamné avec force par le Comité pour les droits de l'enfant de l'ONU, le scandale des prêtres pédophiles a contribué à discréditer l'Eglise catholiques pour des délits remontant principalement aux années 60-70. Le scandale était double : des dizaines de milliers de mineur(e)s ont été agressés par des religieux, prêtres et religieuses. Mais des dizaines d'évêques ont aussi refusé d'écouter les plaintes des victimes, leur demandant parfois le silence, protégeant les prêtres accusés ou soupçonnés, parfois en les mutant dans des postes où ils pouvaient continuer leurs forfaits.

Encore des critiques

Le Vatican a ensuite été accusé d'avoir protégé certains de ces évêques pour éviter les scandales.
Le pape Benoît XVI avait demandé en 2011 à toutes les conférences épiscopales d'adopter des dispositifs pour mettre fin à ces scandales et collaborer avec les pouvoirs judiciaires civils.
Mais si certains épiscopats occidentaux ont adopté des régimes sévères, d'autres ont du mal à se mettre en règle. Dans certaines cultures, en Afrique et en Asie notamment, ces sujets sont largement tabous et les justices civiles ne sont pas toujours fiables.

Benoît XVI puis François ont mis en place un dispositif plus sévère, mais les anciennes victimes critiquent le fait que le jugement reste interne à l'Eglise et confidentiel, les affaires des prêtres pédophiles étant jugées en dernière instance par la Congrégation pour la doctrine de la foi.
"Durant ces décennies de crise, les commissions, les procédures, les protocoles et les promesses ont abondé. Mais ils ont été dépourvus de signification. Aussi longtemps que des prêtres sont chargés de s'occuper des autres prêtres qui ont commis ou couvert des crimes sexuels, peu de choses changeront", a réagi dans un communiqué l'association américaine d'anciennes victimes SNAP.

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