Venezuela : une marche nationale pro-référendum pour destituer le président

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La chute de Dilma Rousseff

MANIFESTATION - Alors que le pays traverse une grave crise économique, politique et énergétique, l'opposition a appelé les Venezueliens à descendre dans les rues ce jeudi pour réclamer un référendum révocatoire contre le président Nicolas Maduro.

Le Venezuela se lève contre son président.  Une grande marche nationale est prévue ce jeudi dans les rues de Caracas pour exiger un référendum révocatoire contre l'impopulaire Nicolas Maduro. Cette journée sous haute tension  doit permettre à l'opposition de mesurer le niveau d'exaspération dans le pays et de faire pression sur le gouvernement, dont le calendrier 2016 laisse peu de place à l’organisation d’un scrutin. 


Le pays fait face à une importante récession économique liée à l'effondrement des prix du pétrole, pourvoyeur de 96% des devises du pays. Faute de dollars pour importer, la pénurie d'aliments et de médicaments, atteint un niveau dramatique (et record) : 80% sont manquants, selon l'institut Datanalisis. L'opposant vénézuélien Henrique Capriles a mis en garde le gouvernement contre une "explosion sociale" en cas de blocage du référendum : "on ne peut pas demander à ceux qui ont faim d'être rationnels".


Maduro joue sa dernière carte

Craignant une éventuelle tentative de coup d'Etat contre lui, le président Nicolas Maduro a annoncé mercredi qu'il demanderait au Tribunal suprême de justice (TSJ) d’étudier "la levée de l'immunité propre à toutes les fonctions publiques du Venezuela, en commençant par l'immunité parlementaire, si cela est nécessaire au maintien de la paix, pour combattre toutes activités putschistes".  Tentant de radoucir le climat de colère qui règne dans le pays depuis plusieurs mois, le chef d’Etat a ajouté que "l’immunité parlementaire n'est pas faite pour violer la Constitution, pour commettre des crimes ou pour appeler à une intervention étrangère". 

Des journalistes étrangers interdits d'entrer au Vénézuela

Une autre polémique commence à éclore dans le pays. Selon NTN24 News qui cite le Syndicat vénézuélien des travailleurs de la presse, le gouvernement aurait "expulsé vers la Colombie" trois journalistes étrangers venus couvrir l’évènement. Une française du nom de Marie-Eve Detoeuf, journaliste au Monde, ferait partie du trio. "On les a obligés à signer un document qui déclare leur entrée 'non admissible', car elle ne serait pas conforme aux dispositions de la réglementation migratoire, a confirmé Le Monde. Ils ont été embarqués sur un vol d’Avianca à destination de Bogota, en fin d’après-midi".

Différent diplomatique avec le Brésil

Cette manifestation intervient alors que le climat politique reste très tendu avec le Brésil depuis que Nicolas Maduro a protesté contre la destitution de la présidente Dilma Rousseff, dénonçant "un coup d'Etat parlementaire". Cette prise de position "révèle une profonde méconnaissance des lois au Brésil et nie totalement les principes et objectifs de l'intégration latino-américains", a rétorqué le ministère brésilien des Affaires étrangères, avant de rappeler son ambassadeur basé au Venezuela. 

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