Venezuela : comprendre la crise en cinq points

Venezuela : comprendre la crise en cinq points

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DECRYPTAGE – A l'heure où le président vénézuélien Nicolas Maduro s’apprête à ouvrir un dialogue national pour tenter de faire taire la contestation qui s'élève depuis un mois dans le pays, metronews fait le point sur la crise qui agite Venezuela.

Le contexte
Moins d'un an après la mort du charismatique président vénézuélien Hugo Chavez, le pays rencontre des difficultés croissantes à la fois sociales et économiques. Dans ce contexte, le successeur du leader socialiste, le président Nicolas Maduro, élu de justesse mi-avril, est au centre d'une contestation qui s'exprime quasi quotidiennement depuis un mois. Les manifestants, des étudiants soutenus par l'opposition, dénoncent l'insécurité croissante dans le pays, un fléau chronique au Venezuela. Autre motif de colère : la pénurie touche quasiment tous les secteurs d'activité, de l'alimentation à la santé en passant par le bâtiment et les médias. Conséquence : l'inflation a explosé (+56,2% en 2013) dans cet Etat ultra dépendant de sa production pétrolière.

Des manifestations qui dégénèrent
Début février, une tentative de viol sur une étudiante provoque la mobilisation d'étudiants à Saint-Cristobal (à l'ouest du Venezuela), qui manifestent contre l'insécurité dans le pays. Au bout d'une semaine, la contestation gagne la plupart des villes du pays, dont la capitale Caracas. La manifestation du 12 mars se solde par des violences au cours desquelles quatre personnes trouvent la mort. Après à peine un mois de mobilisation, le bilan fait déjà état d'une quinzaine de morts, dont au moins huit par balles, et de 140 blessés.

Un dialogue national pour tenter de désamorcer la crise
Dans ce contexte, le président Maduro doit lancer mercredi un dialogue national alors que la manifestation étudiante de la veille a moins rassemblé que les jours précédents. Si la présidence a indiqué avoir convié "tous les courants sociaux, politiques, corporatistes, religieux" a cette conférence "pour la paix", l'opposant Henrique Capriles a affirmé qu'il n'y participera pas. Le candidat malheureux à la présidentielle d'avril dernier dénonce les"mensonges" du président et la répression policière contre la jeunesse.

L’émergence d'une nouvelle figure de l'opposition
Un discours repris par Leopoldo Lopez , un proche d'Henrique Capriles, fondateur du parti Volonté Populaire. En quelques jours, cet opposant acharné au chavisme de 42 ans est passé du statut de leader de l'opposition à véritable martyr quand il a décidé de se rendre, le 18 février, à la police. Cet habitué des convocations judiciaires liées à son activité politique était, cette fois, visé par un mandat d'arrêt délivré suite aux accusations d’homicide et d’incitation à la violence portées à son encontre après la manifestation du 12 février. L'opposant a été transféré dans une prison militaire de la banlieue de Caracas.

Le geste en direction des Etats-Unis
La volonté de reprise en main de la situation par le président Maduro passe par un assouplissement des relations avec les Etats-Unis, accusés, il y a quelques jours encore, de soutenir un mouvement en train de préparer un "coup d'Etat". Washington, qui a dénoncé la répression violente des manifestants et les intimidations judiciaires du pouvoir, a renvoyé il y a peu trois diplomates vénézuéliens en réponse à l’expulsion par Caracas, le 17 février dernier, de trois agents consulaires américains. Aujourd’hui, Caracas annonce l'envoi prochain à Washington d'un ambassadeur vénézuélien. Une première depuis 2010.
 

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