Venezuela : "coup d’Etat", "dictature"… la communauté internationale accuse violemment Nicolas Maduro

International

POUVOIR - Les critiques se multiplient contre le président vénézuélien Nicolas Maduro depuis qu’il a supprimé les pouvoirs de l’Assemblé nationale, qui lui est hostile, pour les donner à la Cour suprême, proche du pouvoir.

Il avait déjà l’armée, le pouvoir judiciaire et l’exécutif. Depuis jeudi, le régime présidentiel vénézuélien s’est également octroyé le législatif. Nicolas Maduro concentre désormais tous les pouvoirs entre ses mains. Un échelon supplémentaire dans la crise politique que traverse le Venezuela depuis la fin 2015, lorsque l’opposition antichaviste (en référence au nom de l’ancien président Hugo Chavez, dont Maduro est le successeur) s’est imposée aux élections législatives.

Profitant des soupçons qui pèsent sur l’élection de trois députés hostiles à l’actuel président, la Cour suprême a déclaré nuls tous les votes de l’Assemblée nationale depuis janvier 2016, rognant petit à petit son pouvoir législatif. Jusqu’à la décision publiée jeudi : "Tant que l’Assemblée nationale sera hors-la-loi, les compétences parlementaires seront exercées directement" par la Cour suprême, a-t-elle elle-même annoncée.

Voir aussi

Crise politique, pénurie et explosion de l'inflation

Mardi déjà, la plus haute juridiction du pays, réputée proche de Nicolas Maduro, avait privé les députés de leur immunité, permettant de possibles procès pour haute trahison devant des instances militaires. En face, le chef de l’Etat est lui devenu apte à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir "la stabilité démocratique" du pays.

Face à cette escalade, la réaction de la communauté internationale s’est montrée particulièrement offensive. L’Union européenne, les Etats-Unis, le Brésil ou encore le Mexique ont condamné la "rupture de l’ordre constitutionnel", ou le "coup d’Etat" au Venezuela. Le Pérou a de son côté rappelé son ambassadeur.

Une dictature règne- Henrique Capriles, opposant à Nicolas Maduro

Le président du Parlement vénézuélien Julio Borges a lui demandé à l’armée, sur laquelle Maduro "se repose de plus en plus pour survivre" d’après l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes, de sortir du silence face à la rupture de l’ordre constitutionnel. Selon lui, le chef de l’Etat a "retiré le pouvoir au peuple". Henrique Capriles, un des principaux opposants au leader chaviste, va même plus loin : "une dictature règne", dénonce-t-il.

Lire aussi

En plus de cette crise politique, le Venezueal doit également faire face à de graves problèmes économiques. Une pénurie touche 68% des produits de base et l’inflation explose. Elle pourrait atteindre 1 660% en 2017 selon le Fonds monétaire internationale.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter