Venezuela : armée au pouvoir, gouvernement de transition, négociations... Les scénarios sur la table

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TENSIONS - Le Venezuela s'enfonce un peu plus chaque jour dans la crise, le président Maduro et l'opposant Juan Guaido revendiquant tous les deux le pouvoir. Comment sortir de la crise ? Voici les principales hypothèses envisageables.

"Au Venezuela, le risque d'une guerre civile n'existe pas, contrairement à ce que certains veulent croire ou ont laissé croire." Juan Guaido, qui s'est autoproclamé président du Venezuela par intérim le 23 janvier, a tenté de calmer les esprits ce jeudi dans un entretien au quotidien El Pais. Las, le leader de l'opposition semble bien seul à croire à un apaisement : ses partisans battent chaque jour le pavé, appelant à lâcher le président Maduro, l'économie s'effondre et la pression diplomatique se fait chaque jour plus insistante. Si le statu quo semble intenable, reste à savoir comment le pays peut sortir de la crise… LCI balaye quelques hypothèses.

Un gouvernement de transition avant des élections ?

C'est la solution prônée par Juan Guaido. Pour ce faire, il appelle les militaires - principal soutien de Maduro - à rompre avec la "dictature" en échange d'une amnistie. Mais l'armée reste pour l'instant loyale au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2013, refusant de prêter main forte à un "coup d'Etat". Les choses iront plus vite si les militaires virent de bord, mais cela impliquerait des amnisties pour eux et de hauts fonctionnaires vénézuéliens, pour beaucoup accusés par les États-Unis de corruption, de violation des droits de l'homme et de trafic de drogue.


Autre facteur pouvant accélérer la transition : si Donald Trump impose des sanctions sur les exportations pétrolières du Venezuela. Le président américain dispose en effet d'un sacré atout : il achète un tiers de la production, soit 510.000 barils par jour en 2018. La fin de ce financement pourrait provoquer un coup fatal à l'économie et faire fuir les soutiens de Maduro.

Et si Maduro s'accroche ?

Le dirigeant socialiste a été réélu en mai 2018 lors d'un scrutin boycotté par l'opposition et dont le résultat a été contesté par l'Union européenne et de nombreux pays d’Amérique latine. Il pourrait donc rester au pouvoir jusqu'en 2025 s'il parvient à s'accrocher durant la tempête. Il dispose pour cela de plusieurs atouts : le soutien de l'armée, qui vient de réaffirmer qu'elle était derrière lui, et une opposition divisée. Il pourrait également chercher un soutien financier du côté de ses alliés comme la Chine, la Russie et l'Iran. Caracas livre à la Chine environ 300.000 barils par jour, en remboursement d'une dette de 20 milliards de dollars. Elle doit aussi 10,5 milliards de dollars à la Russie, selon plusieurs cabinets de consultants.

Et si l'armée prenait le pouvoir ?

Si l'armée retire son soutien à Maduro et l'opposition reste divisée, les militaires pourraient prendre le contrôle. C'est en tout cas ce que des milliers de Vénézuéliens ont réclamé mercredi dans les rues du pays. Mais les risques sont conséquents : une hausse de la "répression" ou une guerre civile, estiment des observateurs, qui pointent également l'éventualité de deux gouvernements parallèles. Donald Trump a d'ailleurs dit que "toutes les options" étaient sur la table, faisant ainsi allusion à une possible intervention militaire.

Les deux hommes peuvent-ils négocier ?

Nicolas Maduro se dit disposé à rencontrer Juan Guaido, mais ce dernier refuse tout "faux dialogue". Une partie de la communauté internationale plaide pourtant pour cette solution : l'UE, qui considère le mandat de Maduro comme illégitime, ne reconnaît pas non plus Guaido comme président et appelle plutôt à créer un "groupe de contact" entre les deux camps. Le Mexique et l'Uruguay prônent eux aussi une négociation, qui succéderait à la cinquième tentative.

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