Venezuela : l'aide humanitaire américaine au cœur des tensions entre Nicolas Maduro et Juan Guaido

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CRISE - L'opposant Juan Guaido a annoncé que l'aide d'urgence américaine, bloquée depuis plusieurs jours à la frontière, entrerait le 23 février au Venezuela. Et ce, malgré le refus du président Nicolas Maduro qui nie toute famine dans son pays.

Circulez, il n'y a rien à voir. C'est, en substance, le message claironné ces dernières heures par le Venezuela concernant une crise humanitaire dans le pays. Il n'empêche : la situation s'est aggravée dans le pays sur fond de crise politique depuis le début de l'année. Et elle pourrait s'accentuer, les autorités refusant de laisser entrer l'aide humanitaire qui est bloquée depuis plusieurs jours à la frontière.

Plusieurs tonnes de médicaments, de nourriture et de produits de première nécessité sont en effet stockées depuis le 7 février dans des entrepôts de la ville colombienne de Cucuta, tout près du pont transfrontalier de Tienditas. C'est là que des militaires vénézuéliens bloquent l'accès, avec deux conteneurs et une citerne. Une réponse au discours du président Nicolas Maduro : celui-ci dément l'existence d'une "crise humanitaire" et refuse l'entrée de cette aide, considérant qu'il s'agit d'un premier pas vers une intervention militaire des États-Unis et d'un "show politique".  Selon le président, les pénuries de médicaments et de vivres sont  uniquement liées aux sanctions américaines.

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Rien n'est moins sûr, si l'on en croit les images diffusées ces derniers jours sur les chaines colombiennes. Au poste frontalier Villa del Rosario, à la frontière entre les deux pays, les autorités gèrent chaque jour les files d'attente de Vénézuéliens venant s'approvisionner, amener leurs enfants à l'école ou qui fuient la crise et l'hyperinflation dans leur pays. Au total depuis une semaine, 40.000 personnes ont traversé quotidiennement le pont international, en légère hausse par rapport aux semaines antérieures, selon le service colombien des migrations. La majorité regagne leur pays après avoir acheté les produits de première nécessité devenus introuvables au Venezuela.

La crise humanitaire s'est politisée ce mercredi, puisque l'opposant Juan Guaido a défié Nicolas Maduro. "Le 23 février, ce sera le jour où l'aide humanitaire entrera au Venezuela", a-t-il lancé depuis Caracas. Il a demandé aux quelque 250.000 volontaires inscrits pour participer à l'acheminement de l'aide stockée à la frontière de se tenir prêts pour "former des caravanes". Le 23 février, cela fera un mois que Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim. Cette crise intervient en pleine débâcle économique du pays, accablé de pénuries de vivres et de médicaments. Plus de 2,3 millions de Vénézuéliens (7% de la population) ont fui le pays depuis 2015, selon l'ONU. 

Cherchant à briser l'unité de l'armée, Juan Guaido a offert l'amnistie aux militaires qui désavoueraient le chef de l'Etat et les a prévenus que bloquer l'aide constituerait un "crime contre l'humanité".

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