Venezuela : la boîte de préservatifs coûte désormais 660 euros

Venezuela : la boîte de préservatifs coûte désormais 660 euros

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CRISE ECONOMIQUE – Confronté à la baisse du prix du pétrole et a une grave crise économique, le Venezuela subit des pénuries récurrentes. Celle des préservatifs, dont les prix sont désormais astronomiques, pourrait avoir d'importantes conséquences sanitaires.

C'est une petite boîte qui vaut bien plus cher qu'un ordinateur portable ou une tablette en France. Au Venezuela, la boîte de 36 préservatifs se vend désormais pour la modique somme de 660 euros, soit 755 dollars ou 4.760 bolivars avec les taux de change officiels. Le coût est toutefois bien plus abordable au marché noir : 25 dollars, soit près de 22 euros. A condition de pouvoir payer en dollars...

Des prix astronomiques liés à la grave crise économique que traverse un pays subissant de plein fouet la baisse du prix du pétrole. Dans ce pays d'Amérique du Sud entré en récession fin 2014 qui importe la quasi-totalité des produits consommés, les pénuries d'aliments, de fournitures médicales ou industrielles comme de produits de consommation courante vont grandissant et l'inflation s'établit officiellement à 64% par an.

Le troisième taux de contamination au VIH

"Le manque de préservatifs menace tous les programmes de prévention que nous avons menés à travers le pays", s'inquiète auprès de Bloomberg Business Jhonatan Rodriguez, le directeur général de l'ONG StopVIH. La pénurie de préservatifs constatée depuis la fin décembre pourrait avoir des conséquences sanitaires désastreuses. Etat où l'avortement est illégal, le Venezuela est en effet l'un des pays d'Amérique du Sud avec le plus important taux de contamination au VIH, derrière le Paraguay et le Brésil. En 2014, 101.871 Vénézuéliens vivaient avec le VIH selon ONUSida. Caracas a aussi le plus fort taux de grossesses adolescentes du continent, après le Guyana.

"Un manque de préservatifs a aussi un impact sur l'économie sur le long terme puisqu'il conduit des jeunes femmes à quitter l'école ou le marché de l'emploi", estime Carlos Cabrera, vice-président l'International Planned Parenthood Federation (IPPF) cité par Bloomberg. Un cercle vicieux que Caracas va devoir casser le plus vite possible.

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