Venezuela : Maduro veut juger l’un de ses principaux opposants pour "trahison à la patrie"

International
ESCALADE - Le président du Venezuela Nicolas Maduro a exigé que le président du Parlement Julio Borges soit jugé pour trahison lorsqu’il rentrera de son voyage en Europe, où il a notamment rencontré Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Il est risqué d’énerver le président Nicolas Maduro en ce moment. Encore plus lorsque l’on fait partie de l’opposition au dirigeant vénézuélien. Julio Borges, président du Parlement (seule institution contrôlée par l’opposition) s’en rend bien compte. Alors qu’il achève une tournée en Europe où il a été reçu par Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May ou Mariano Rajoy, il a été la cible de son président dans un discours à l’Assemblée constituante.


S’inscrivant dans le mouvement lancé depuis l’installation le 4 août de la Constituante qui impose de lourdes mesures judiciaires contre les dirigeants de l’opposition - largement décriées par la majorité de la communauté internationale -, le président vénzuélien a exigé que son adversaire soit jugé pour "trahison à la patrie". Un délit puni par 20 à 30 ans de prison, rappelle l’AFP, et qui vise de nombreux autres opposants. Certains préférant s’exiler pour éviter la justice du pouvoir Maduro.

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Ici, personne n’est intouchableNicolas Maduro

Face aux nombreuses critiques à son encontre émises par les dirigeants qui ont accueilli Julio Borges, Nicolas Maduro a réagi : "Cela m’est égal ce que dit Merkel ou la reine d’Angleterre, au Venezuela il faut la justice. Ici on ne dirige pas l’Etat depuis Londres, ni depuis Madrid, ni depuis Washington. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, mais au Venezuela il faut une justice sévère".

"Ici, personne n’est intouchable, que les impérialistes du nord (les Etats-Unis, ndlr) et de l’Europe le sachent", a poursuivi le président. Il a ensuite accusé Borges d’appuyer un embargo du Venezuela, avec l’aide de Donald Trump (les Etats-Unis ont récemment pris des sanctions financières contre le gouvernement vénézuélien). "Trump et Borges se sont unis pour une croisade mondiale contre l’économie du Venezuela, l’oxygène financier, économique et commercial du pays". Maduro accuse notamment Washington d’attiser un coup d’Etat pour s’accaparer les réserves pétrolières du pays.


Le Venezuela subit actuellement une violente crise économique, avec la chute des cours du pétrole, son unique richesse. Emmanuel Macron avait qualifié de "dictature qui tente de se survivre" le régime Maduro, qui se durcit de plus en plus. Entre avril et juillet, 125 personnes sont mortes lors de manifestations pour le départ du président vénézuélien.

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